Une directive européenne, établissant les normes minimales relatives à la protection des poules pondeuses, prévoit l'interdiction dans l'Union de leur élevage en cages conventionnelles (dites "non aménagées") à compter du 1er janvier de cette année.
A partir de cette date, les poules pondeuses ne peuvent ainsi être élevées que dans des cages aménagées ou selon d'autres systèmes comme l'élevage au sol ou en liberté.
Dans une cage aménagée, les poules doivent désormais disposer de 750 cm² au moins chacune, d'un nid, d'une litière, d'un perchoir et d'un dispositif pour le raccourcissement des griffes.
Si les poules pondeuses ne peuvent que se féliciter de cette nouvelle législation, les consommateurs et les producteurs eux peuvent monter sur leurs ergots :
« Les oeufs utilisés dans l'industrie qui sont normalement de 30 à 50 % moins chers que les oeufs de table, sont aujourd'hui 10 à 20 % plus chers », souligne ainsi la Commission européenne dans un récent rapport dressant un premier état des lieux. A cela une explication : la mise aux nouvelles normes a un coût estimé entre 10 et 15 euros par poule. Et la fermeture de plusieurs élevages qui n'étaient pas aux normes auraient entraîné un déficit de production de 21 millions d'oeufs par semaine, au plan national. Mais le coût des matières premières, en augmentation, pour la nourriture des volatiles, est également évoqué.
Élevages aux normes
dans le département Concernant l'investissement lié à la mise aux normes, du côté de la Direction départementale du territoire et de FranceAgrimer, qui gère le dispositif, on rappelle qu'une aide permettant d'accompagner cette mise aux normes des exploitations de poules pondeuses en cage, a été annoncée en septembre 2010 par le ministre en charge de l'Agriculture. Cette aide fait partie intégrante des plans stratégiques destinés à l'élevage, dotés d'une enveloppe globale de 300 millions d'euros sur trois ans. Elle a pour objectif d'apporter un soutien financier aux exploitations Le régime d'aide ainsi validé prévoit un taux de subvention à hauteur de 20 % pour les investissements éligibles et un plafond de 50 000 euros par exploitation.
L'un des leaders nationaux du secteur, installé en Haute-Savoie, Baby Coque, dont le siège est à Ballaison, a pour sa part investi quelque 4 millions d'euros pour, d'une part, mettre aux normes ses bâtiments et, d'autre part, assurer une « montée en gamme » de ses produits.
A l'autre bout de la chaîne un producteur local, Bruno Pariat, du Gaec Les Fermiers de Marin, témoigne : « Nous sommes aux normes. Nous en avons profité pour investir et changer notre mode de production : nous avons un élevage en plein air et un autre en semi-liberté, dans un bâtiment ouvert, sans cages. Nous étions obligés de nous interroger sur le bien-être de nos poules, c'est dans l'air du temps. Et c'est légitime, ne serait-ce que pour la qualité de nos produits. Mais je crois savoir qu'au niveau national, environ 20 % des éleveurs ne sont pas "repartis" et ont préféré abandonné cette filière. Sur la Haute-Savoie, à ma connaissance, nous sommes six éleveurs, et tous sont aux normes. Mais il faut être en âge d'investir, de pouvoir envisager le long terme. »
C. B.
Journal La Tribune Républicaine