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jeudi 02.08.2012, 14:00

Polémique du camping : l'heure de l'apaisement

Après un mois d'imbroglio qui a vu le village se scinder entre les pour et les contre, la polémique autour de l'installation d'ouvriers dans le camping municipal touche à sa fin.


Le 23 juillet, les conseillers municipaux ont tenu à exprimer officiellement au maire Jean Barras leur confiance et leur soutien face aux « attaques personnelles » dont il est l'objet.
Le communiqué, qui sera rendu public avec le compte rendu de conseil, a pour but de défendre l'intégrité de l'élu, qui conservera finalement son poste jusqu'aux prochaines échéances municipales.
La venue d'une cinquantaine de travailleurs étrangers n'est pas remise en cause pour la première année, en attendant le rapport du cabinet d'audit, l'Apave, chargé de la nouvelle classification du camping.
Manque de concertation Selon Jean Barras, la controverse est née d'un malentendu : « En mai, les gérants du camping sont venus me parler du projet et m'ont demandé si la commune pouvait financer l'installation des mobil-homes, ce à quoi j'ai répondu non. Quand j'ai vu les premiers arriver, une semaine avant le conseil municipal convoqué le 25 juin, j'ai été aussi étonné que les autres. » Entre-temps, en toute légalité mais sans en référer au conseil municipal, les gérants avaient signé un bail de location annuel pour 22 emplacements avec l'entreprise slovaque Chemkostav HSV.
« Mes adjoints étaient au courant de l'histoire en même temps que moi, mais ils ne m'ont pas particulièrement défendu. La seule chose qu'on aurait pu faire c'est d'interdire les travaux d'installation » explique le maire.
Mais Jean Barras ne voulait pas risquer de voir le camping fermer ses portes face au manque d'activité, les gérants lui ayant assuré au printemps qu'ils « attendaient de voir cet été » puis qu'ils arrêteraient.
L'édile évoque alors les très faibles marges réalisées par le couple de gérants et explique qu'à 300 euros le mois pour chacun des 22 mobil-homes installés par Chemkostav, ils peuvent dorénavant attendre 79 200 E de chiffre d'affaires en plus.
Jean Barras rappelle de plus que la mairie perçoit 18 % du chiffre d'affaires annuel, l'arrivée de Chemkostav devrait donc rapporter 14 000 euros à la commune.
Il affirme maintenant que le fonctionnement communal sera dorénavant beaucoup plus formel et que les présidents de commissions seront chargés de lui remettre systématiquement des rapports avant la tenue du conseil municipal.
Déclassement du camping Face à l'arrivée potentielle de 66 ouvriers à l'année, de nombreux villageois ont aussi fait part de leur crainte de voir le camping municipal perdre son ambiance familiale et sportive, et avec elle l'unique étoile qui lui reste.
Le camping devrait cependant garder son statut « de tourisme », car la majorité des 86 emplacements qui restent sont destinés à une clientèle de passage. L'espace familial n'est séparé que par une petite haie des mobil-homes, qui longent la route, mais les touristes assurent qu'ils n'ont même pas remarqué la présence des 13 ouvriers déjà sur place. Paul Rannard, maire de Chêne-en-Semine et président de la Communauté de communes de la Semine (CCS), explique que lorsque les salariés de Chemkostav étaient logés au camping de la Croisée, à Chêne, « leur secteur était toujours calme, il n'y avait jamais de problèmes. C'étaient des gens tout à fait corrects, qui rentraient toutes les deux semaines chez eux voir leurs familles.» Pour éviter d'éventuels conflits, le maire de Chézery a d'ores et déjà réclamé aux gérants d'assurer la discipline dans le camping municipal.

SIMON PELLET-RECHT

Journal La Tribune Républicaine
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