Les derniers loups du Salève ont été exterminés dans les années 1810. Il aura donc fallu attendre... 202 ans pour revoir un loup au Salève !
L'animal a été photographié les 22, 23 et 24 mars derniers par des appareils à déclenchement automatique installés sur les hauteurs des bois du Sappey.
Un heureux hasard est à l'origine de ces clichés, détaille Eric Dürr, chargé de missions au Syndicat mixte du Salève (SMS) et auteur du livre, Vivre avec le loup dans les Alpes, 20 ans après.
Découvert par hasard... « Dans le cadre d'une étude sur la présence du lynx sur le Salève, nous collaborons avec la Haute école du paysage d'ingénierie et d'architecture (Hépia) de Lullier (Genève). Les élèves ingénieurs de cette école ont installé depuis mi-février 16 appareils photos à déclenchement automatique sur huit sites susceptibles de voir passer des lynx. Dans le même temps, une attaque sur des brebis s'est produite fin mars dans la région de Vovray-en-Bornes. Ayant appris que nous faisions ces piégeages photographiques, les spécialistes de l'Office national de la chasse venus faire les constatations sur place ont contacté le SMS pour savoir si nous n'avions pas par hasard des photos de chiens errants prises par nos appareils dans le secteur de Vovray. Et c'est là que nous avons découvert avec stupéfaction qu'un loup avait été photographié trois jours de suite par les appareils installés sur les hauteurs du Sappey. » Nul doute que cette affaire va faire grand bruit dans la région et inquiéter les éleveurs, même s'il est utile de rappeler que le loup ne représente aucun danger pour l'homme. Depuis les clichés du 24 mars, plus aucune trace de ce loup n'a été relevée dans le secteur.
Présence durable ?
Il s'agit sans doute d'un animal solitaire venu des massifs des Bornes ou des Aravis pour se trouver un nouveau territoire de chasse.
« Il est peu probable que ce loup s'installe à demeure dans la région du Salève » précise Eric Dürr. « En automne 2008, un loup solitaire avait égorgé des brebis du côté de Vers et de Cernex, à une dizaine de kilomètres du Salève. Il était resté quelques mois, avant de sans doute regagner sa meute d'origine, peu après que l'autorisation de le tirer ait été donnée aux gardes-chasse. »
DOMINIQUE ERNST
Journal La Tribune Républicaine