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Nouveau président

Marié, père de trois enfants et âgé de 48 ans, Pierre-André Girard a fait ses études primaires et secondaires à Annecy avec d'intégrer Lyon III où il décroche un DEA et un doctorat en droit de la famille et un DESS en droit notarial. Il a prêté serment en juillet 1996, date à laquelle il rejoint l'étude fondée par son grand-père, à Annecy. Il a notamment participé très activement à deux congrès nationaux de notaires, en 2000 et 2003, où il a travaillé sur la dématérialisation des actes. Il a été élu vice-président de la chambre interdépartementale des notaires de Savoie et Haute-Savoie en mai 2011. Il en a été élu président en mai 2012.

 

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Dossier

Pierre-André Girard : « Il n'y a pas de bulle immobilière en Pays de Savoie »

Pierre-André Girard, nouveau président de la chambre interdépartementale des notaires de Savoie et Haute-Savoie Pierre-André Girard, nouveau président de la chambre interdépartementale des notaires de Savoie et Haute-Savoie

Article paru dans Le Messager du jeudi 5 juillet 2012

Le nouveau président de la chambre interdépartementale des notaires de Savoie et Haute-Savoie dresse un bilan plutôt positif du marché immobilier à l'issue de ce premier semestre 2012 et pointe les difficultés auxquelles est confronté ce secteur.


Tout d'abord, comment se porte aujourd'hui l'immobilier dans nos deux départements ?



Nous restons sur une ligne constante, avec un marché qui se porte globalement bien, tant en termes de volumes que de prix. C'est sans doute là où nous présentons une spécificité par rapport au reste du territoire national, où l'on voit des volumes de transaction en légère régression. Nous ne constatons pas cela en Pays de Savoie. Nous sommes donc sur un marché porteur, sans baisse de prix ni de transactions. Bien que ce secteur soit un peu occulté par le boum sur les donations, le dynamisme est réel.

Voilà pour le premier semestre 2012. Qu'en est-il de la suite, jusqu'au mois de décembre ?

Nous sommes tous, localement, dans l'expectative, mais nous ne décelons aucun voyant orange pouvant s'allumer prochainement, même s'il est vrai que les banques se montrent plus prudentes avant d'accorder des prêts. Nous n'avons pas de verrouillage, de fermeture du robinet comme on a pu le connaître en 2009. Donc, nous avons encore un accompagnement profitable de la part des banquiers. En revanche, on peut craindre un certain attentisme avec l'annonce par le gouvernement de la réforme des plus-values immobilières. On ne sait pas trop aujourd'hui comment les choses vont évoluer.Concernant l'immobilier neuf, il y a beaucoup de projets dans les cartons pour 2013 et 2014. Bref, si on suit les discours nationaux, notariaux ou économiques ou encore des médias, on serait enclin à beaucoup de pessimisme. Mais, dans notre région en tout cas, ce n'est pas ce que nous constatons sur le terrain.

Vous avez retrouvé les volumes de transactions d'avant la crise de 2008-2009 ?

Oui, c'est aujourd'hui le cas, et depuis plusieurs mois maintenant. Mais il faut dire que nous avons vécu à cette époque un événement exceptionnel, que nous n'avions jamais connu : les volumes de transactions avaient baissé, pratiquement du jour au lendemain, de plusieurs dizaines de points. Il était normal que nous revenions, tôt ou tard, à un rythme correspondant au dynamise de notre marché bi-départemental.

Justement, à quoi est dû, selon vous, cette particularité des Pays de Savoie ?

Nous restons une région forte sur le plan économique et très attractive, pour les Français, généralement, mais aussi pour la clientèle étrangère. Je pense aux Suisses, évidemment, qui sont déjà très présents chez nous. Je crois d'ailleurs que ce créneau va s'amplifier de façon importante dans les années qui viennent, en raison notamment du coût du logement dans la Confédération et du manque de terrains constructibles, les deux étant d'ailleurs liés. En revanche, les Britanniques sont de moins en moins nombreux : la parité euro/livre ne leur est pas favorable. Pour résumer ce chapitre, on a parfois l'impression en Pays de Savoie d'être en décalage par rapport à l'économie réelle, au discours que l'on entend sur le plan national.

Donc tout va bien ?

Attendez ! Le tableau, dans un domaine tel que celui-ci ne peut évidemment pas être parfait Je pense surtout aux primo-accédants, qui ont de plus en plus de mal. Ils n'ont quasiment aucune mesure d'accompagnement aujourd'hui. Or cette population représente vraiment un enjeu pour le présent et l'avenir sur nos territoires. Mais elle est confrontée à l'obligation de présenter des apports personnels très importants et aux prix élevés de la région. Enfin, elle est en “concurrence”, si je puis dire, avec une autre population, qui dispose de moyens autrement plus conséquents : je pense aux retraités, qui ont mené leur carrière par exemple dans la région parisienne, et reviennent ici avec les moyens d'investir dans l'immobilier ; même si les prix chez nous restent élevés, ils n'ont rien à voir avec ceux pratiqués sur le marché parisien.

Sommes-nous, en ce qui concerne l'immobilier, face à une sorte de bulle qui risque d'exploser, avec les conséquences dramatiques, sur le plan économique, que l'on peut imaginer ?

Je ne le pense pas : il n'y a pas de bulle immobilière en Pays de Savoie. Et globalement, ceux qui peuvent tenir ce discours, le tenaient déjà il y a trois ans, lors de la crise : même si le marché s'est effondré, en termes de volume de transaction, il n'en n'a pas été de même pour les prix ! C'est plus compliqué que cela : il faut être prudent, évidemment. Mais je ne pense pas qu'il faille être pessimiste sur ce sujet.

Qu'est-ce qui pourrait faire baisser les prix ou en tout cas engendrer une stabilisation à plus ou moins long terme ?

Sur nos départements, honnêtement, je ne vois pas La demande est toujours très forte, soutenant ainsi le marché. Et des projets fleurissent partout ; l'offre est donc importante, dynamique, mais peut-être encore insuffisante, ce qui explique d'ailleurs, pour partie, le niveau élevé des prix.

Quels sont les secteurs les plus prisés et ceux qui se développent ?

De façon classique, le bassin annécien, le Nord du département haut-savoyard, bien sûr avec la couronne genevoise et, dans une moindre mesure, le Chablais, ainsi que les stations, restent en tête. Mais le reste du territoire suit aussi une progression. Sur la Savoie, les bassins d'Aix-les-Bains et Chambéry sont également dynamiques.

Et la surface moyenne des terrains sujets à transactions continuent de baisser ?

Oui, nous sommes en moyenne sur des surfaces d'environ 800 m², ou moins. Le prix élevé explique bien sûr en partie cette tendance. Mais je pense qu'il s'agit aussi d'un choix “culturel” : ceux qui passent d'un appartement à une maison ne cherchent pas forcément des surfaces délirantes mais plutôt l'accession à la propriété et une certaine “indépendance”.

Concernant maintenant la chambre interdépartementale des notaires, quels sont les actions que vous souhaitez mener ?

Je vais poursuivre sur ce qu'a fait Me Camoz, autour de la communication et de la formation. Dans ce dernier domaine, depuis le 1er janvier 2012, les notaires doivent se former obligatoirement à niveau de 30 heures par an. Cela peut concerner tous les domaines : le droit fiscal, le management, le droit international privé, l'apprentissage des langues Nous devons organiser cela au profit des 220 notaires présents en Pays de Savoie au sein de 91 offices.

Concernant la communication, nous devons renforcer notre présence auprès du grand public, qui ne sait pas encore forcément ce que l'on fait, concrètement. Quels services nous pouvons lui apporter. Nous devons également continuer à communiquer sur les frais : sur 7 % prélevés, sur une vente par exemple, les honoraires ne sont que 1 %. Le reste, c'est de la fiscalité.

Enfin, nous allons continuer notre déploiement de la dématérialisation des actes, sur laquelle j'ai beaucoup travaillé, au plan national. Sur les deux Savoie, une vingtaine d'offices sont déjà passés à l'acte authentique électronique.

Concernant votre clientèle, quelles sont les évolutions de ses demandes ?

Elles suivent logiquement les grands sujets de société et nous sommes très présents, au niveau national, pour que ceux-ci soient pris en compte par les pouvoirs publics : je pense aux transmissions aux descendants, à l'accompagnement des personnes perdant leur capacité physique ou intellectuelle, l'amélioration du Pacs, les donations-partages dans les couples recomposés.

Comment gérez-vous l'accumulation de normes, de règles, de lois, de changements permanents au niveau législatif ?

Nous sommes fatigués (rires) ! Pour prendre un exemple, pour la seule année 2011, il y a eu quatre lois de finance rectificatives, et non des moindres puisqu'elles touchaient le droit des donations, de succession, ou encore les plus-values immobilières. Nous avons également des évolutions permanentes en matière d'urbanisme. Il est parfois difficile de conseiller au mieux le client. Il faut intégrer tous ces textes. Tout le monde est demandeur d'un apaisement du côté de cette frénésie législative. Et puis, cette “mouvance” constante créée par ailleurs une certaine instabilité juridique qui peut avoir des conséquences pour nos clients et pour nous. Enfin, cette inconstance n'est jamais bonne pour la marche des affaires. Mais, avec un changement de majorité politique, on peut s'attendre à de nouvelles modifications dans les mois qui viennent. On continue

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CYRIL BELLIVIER

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