(PHOTOS) Cognin: il faisait vivre un enfer à ses voisins, un homme hospitalisé d’office

L’affaire» du locataire de Cognin, révélée le 21 octobre par le Dauphiné libéré puis relayée ensuite par Aujourd’hui en France, a trouvé une « issue favorable », selon la maire de cette commune de l’agglomération de Chambéry. Finalement, cet homme, souffrant de troubles psychiatriques et sous curatelle renforcée, « est parti », précise Florence Vallin-Balas. Un arrêté municipal suivi d’un arrêté préfectoral a entraîné son hospitalisation d’office dès le mercredi 23 octobre 2019.

Ce locataire a fait vivre un cauchemar à ses voisins durant plus de deux ans. Installé il y a seulement six mois dans cet immeuble du 38 route de Lyon, Georges a très vite été au courant de la situation. « Il a cassé la porte d’entrée quand je suis arrivé ici. Et, il y a deux mois, il a cassé l’ascenseur », raconte-t-il à l’Essor, qui s’est rendu sur place.

Mur détruit, ascenseur vandalisé…

L’immeuble en porte encore les stigmates, puisqu’un mot dans l’ascenseur annonce que « le 7e étage [est] condamné suite à un vandalisme ». Ces dégradations ont aussi eu lieu dans son propre appartement, le locataire en question ayant abattu à coups de masse une cloison donnant directement sur le logement voisin… La photo est impressionnante.

Les habitants se plaignaient également de menaces de mort à leur encontre ou encore de hurlements. « C’est quelqu’un qui avait des problèmes et qui a posé des problèmes », résume l’édile de la commune. « On a fait le nécessaire pour trouver des solutions, peut-être pas définitives. »

« Circulez, il n’y a rien à voir ! »

Dans l’immeuble en question, qui compte une quinzaine d’appartements, les habitants sont soulagés, mais l’ambiance reste pesante. Une proche venue rendre visite à un propriétaire, qui était en première ligne dans ce dossier, lâche simplement : « Tout le monde dans l’immeuble avait un peu ce souci. Maintenant c’est fini, il est hospitalisé. Les gens doivent tourner la page. »

Et cette interlocutrice de demander à la presse de cesser de s’intéresser à cette histoire. « Ce n’est plus la peine de mettre ça sur le tapis. Circulez, il n’y a rien à voir ! » Plusieurs habitants croisés ne souhaitent d’ailleurs pas réagir, comme cet homme qui, à l’évocation du sujet, nous tourne brutalement les talons, sans un mot…

La maire de Cognin se dit aussi étonnée par l’ampleur qu’a prise ce dossier. « Les problèmes de santé mentale, il y en a dans toutes les villes et il y en aura de plus en plus, faute de structures adaptées et à cause du manque de moyens et des économies faites », explique Florence Vallin-Balas.

« Pas simple à gérer »

L’enjeu est donc bien plus large, plusieurs questions se posant sur le « suivi des pauvres patients ». Et la première magistrate de s’interroger : « Comment ça se passe quand quelqu’un ne va pas bien dans sa tête ? Comment il est géré ? »

Selon elle, aujourd’hui, « un patient a la liberté de se soigner, d’envoyer balader les gens qui l’accompagnent ». Même en cas d’hospitalisation d’office à la demande d’un maire. « Il a la liberté de ne pas rester. Au bout de deux ou trois jours, il va mieux, on le relâche. »

En clair, d’après Florence Vallin-Balas : « Ce n’est pas simple à gérer. »

Une réunion décisive

Une solution a été trouvée lors d’une réunion avec les différents acteurs qui suivaient le locataire du 38 route de Lyon. Elle a notamment mis autour de la table, mardi 22 octobre, la mairie, l’Agence régionale de santé (ARS) et les copropriétaires. «  Avant même que la presse ne s’en empare, on avait prévu cette réunion », précise Florence Vallin-Balas, qui dit avoir envoyé des courriers pour alerter tous les partenaires il y a un an. «  Généralement, ça se passe plus vite. Le propriétaire réagit pour ne pas voir son appartement abîmé. Là, il s’en fichait complètement », indique la maire.

À l’issue de cette réunion, un arrêté municipal d’hospitalisation d’office, qui est une mesure provisoire de 24 heures, a été pris mercredi 23 octobre. Il a été suivi d’un arrêté préfectoral de prolongation de cette mesure, pris par le préfet de la Savoie. Il s’agit d’un «dispositif d’urgence», prévoyant une admission en soins psychiatriques sur décision d’un représentant de l’État. Deux critères, fixés par le code de la santé publique, sont nécessaires à cette procédure : que «le comportement de la personne révèle des troubles mentaux manifestes» et que «ce comportement présente un danger manifeste pour la sûreté des personnes».