Gilly-sur-Isère : le braqueur du Vival condamné à 3 ans de prison

Suite à l’agression, le Vival n’a pas fermé même si la vendeuse a eu 1 jour d’interruption temporaire de travail.
Suite à l’agression, le Vival n’a pas fermé même si la vendeuse a eu 1 jour d’interruption temporaire de travail.

Gilly-sur-Isère

Le tribunal correctionnel d’Albertville a condamné à 3 ans de prison Quentin le braqueur du Vival de Gilly-sur-Isère jeudi 31 octobre 2019. Le jeune homme de 29 ans avait le 20 septembre dernier à 12h30 menacé avec un couteau la caissière de la supérette pour qu’elle lui remette la caisse, 480 euros en tout. Le voleur s’était alors enfui mais avait été rattrapé dans sa course au moment où il regagnait sa voiture par deux ouvriers qui travaillaient dans la rue et avaient entendu les cris de la victime. Face à la propriétaire du Vival, seule représentante du magasin présente, la caissière préférant oublier, le prévenu a reconnu les faits : « Je suis abasourdi par mon comportement, j’ai tout gâché en une fraction de secondes » avant d’expliquer son geste à la demande de la présidente. « Je n’avais plus à manger, je ne pouvais plus payer ma chambre d’hôtel, ni mes produits stupéfiants. Je n’ai pas réfléchi, l’idée m’est venue quand je suis passé devant le magasin en sortant de l’hôtel Ibis ». « Vous avez dit en audition que vous aviez eu l’idée en vous levant le matin et entre-temps vous êtes retourné chez vos parents », interroge la présidente. « Il s’est passé 3/4 d’heure. Je suis repassé chez mes parents chercher des affaires ». « Vous avez déclaré que vous y étiez allé pour dissimuler votre téléphone portable pour ne pas être géolocalisé », précise la présidente. « Oui », reconnaît le jeune prévenu. « Vous avez connaissance des conséquences que cela pouvait avoir sur la victime ? », questionne la présidente. « Je ne serai pas retombé dans la drogue 3 semaines avant, je n’aurai pas fait tout cela », regrette Quentin. Car le jeune homme a un lourd passé de consommation de drogue, l’héroïne dans un premier temps qu’il a arrêté en 2016 après une condamnation pour des faits similaires et la cocaïne tout récemment doublée d’alcool. La présidente souligne qu’il y a 5 condamnations à son casier judiciaire dont deux pour des faits de vol pour lesquels son sursis risque d’être révoqué avec cette nouvelle infraction. « Vous étiez logé chez vos parents. Il y a eu un différend avec eux. Votre père vous a demandé de quitter le domicile familial. C’est pourquoi vous étiez à l’hôtel », s’enquiert la présidente. « C’était à propos d’une somme d’argent de 500 euros que j’avais retiré et qu’ils voulaient que je leur rende. C’était pour financer ma drogue », avoue Quentin. « Dans sa vie, il n’y a que son travail et ses parents. Quand il a fait le coup, ça faisait deux jours qu’il n’était plus chez eux. Il a besoin de ce cadre », pointe du doigt son avocate qui interroge la cour « est ce que c’est d’enfermer Quentin qui va l’empêcher de commettre ces actes ? ». La propriétaire du Vival qui s’était constitué partie civile n’a pas demandé de dommages et intérêts. « Je ne demande rien du tout. Je voulais juste qu’il comprenne le mal qu’il a pu faire à la vendeuse, la gravité de son acte. Et j’émets le souhait de cœur qu’il arrive à s’en sortir ».

La peine

Alors que la procureur de la République avait requis 30 mois de prison, le tribunal l’a condamné à 6 mois de plus soit 3 ans auxquels s’ajoutent les deux sursis révoqués liés à d’autres condamnations pour des faits similaires. Quentin a été maintenu en détention et a aussi été interdit de détenir une arme pendant 5 ans.