«Chez Porret» à Valserhône : une dernière saison pour le dancing, avant fermeture…

Annick et Thierry Porret ont pris la décision avec leur famille de fermer le 30 juin prochain.
Annick et Thierry Porret ont pris la décision avec leur famille de fermer le 30 juin prochain.

Qui l’eût cru ? Pourtant, depuis quelque temps, la rumeur se faisait insistante : le dancing du Ranch des Gorges va fermer. Vrai ? Faux ? Cette fois, c’est sûr, officiel, sans aucun doute possible : le rideau tombera le 30 juin 2020.

Le dernier bastion de la fête

Une triste et préoccupante nouvelle car le Ranch, c’est la dernière « boîte » du coin où, jeune, moins jeunes, voire seniors, peuvent sortir s’éclater le vendredi et le samedi soir en pays bellegardien et environs. Innombrables sont les équipées qui se sont terminées entre ces murs mythiques. Même les dessinateurs du festival BD dans l’Ain adorent y finir leur soirée du dernier samedi de novembre…

Chez Porret, c’est une institution. Qui n’a jamais passé une soirée échevelée dans le décor un peu kitsch et animé, fondé par Bernard et Dany (Mimi) Porret en 1970 ?

« Lorsque le ranch a été créé pour les chevaux, la grand-mère Raymonde tenait un bout de bar et faisait à manger le midi aux ouvriers du coin, les Famy et d’autres, se souvient Annick Porret, puis l’établissement a grandi, grandi, Bernard en a fait ce qu’il est devenu, et nous avons pris la suite avec mon mari (Thierry, Misette pour les amis). »

Dans les années 80, le dancing tournait plein pot, ouvert le jeudi, le vendredi, le samedi, le dimanche soir… Puis l’ouverture s’est réduite au vendredi, plutôt pour les jeunes, et au samedi, plutôt pour les danseurs patentés.

Des efforts qui ne paient pas

« Certes, poursuit Annick, les installations sont restées globalement dans leur jus  ; mais nous avons fait des efforts pour nous adapter aux envies de la clientèle, mobilier, lumières, DJ, types de musique, des prix plus que corrects par rapport à d’autres établissements…  »

« Nous avons une grosse partie de clientèle super sympa, des fidèles, des jeunes auxquels on offre les croissants au petit matin et qu’on ramène parfois chez eux, souligne Angélique, la fille d’Annick et de Thierry ; bien sûr, il y a des fois des équipes plus compliquées, mais on gère…  »

Malgré tout, depuis 2-3 ans, l’activité s’effrite : « Peut-être ne correspondons-nous plus aux attentes d’aujourd’hui, la société a changé, les gens sortent moins, il y a la répression sur l’alcool, la peur du gendarme, les réseaux sociaux, précise Thierry ; bref, on ne travaille plus aujourd’hui que pour payer le personnel, les taxes et les charges, on ne peut plus continuer comme ça…  »

Le conseil de famille a tranché. Ne restent que 8 mois pour profiter du dancing, dont un 31 décembre qui sera mémorable.

Après le 30 juin, « c’est une autre histoire que nous allons écrire, termine Angélique ; une chose de sûr, le dancing, ça reste chez nous, ce n’est ni à vendre, ni à louer !  »