Thonon : trois anciennes candidates aux élections municipales dénoncent un manque de parité

Astrid Baud-Roche, Isabelle Naïm-Christin et Elisabeth Charmot ont été toutes trois candidates aux élections municipales de Thonon-les-Bains.
Astrid Baud-Roche, Isabelle Naïm-Christin et Elisabeth Charmot ont été toutes trois candidates aux élections municipales de Thonon-les-Bains.

Dans un communiqué intitulé ‘‘Elections 2020 : la parité n’avance pas ; ni à Thonon, ni à Thonon Agglomération’’, Astrid Baud-Roche, Elisabeth Charmot et Isabelle Naïm-Christin, toutes trois candidates aux élections municipales de Thonon-les-Bains, déplorent « le peu de place fait aux femmes ».

Les trois anciennes têtes de liste, au positionnement très différent sur l’échiquier politique – à droite pour Astrid Baud-Roche, écologiste pour Elisabeth Charmot et à l’extrême-gauche pour Isabelle Naïm-Christin – ont décidé d’unir leur voix pour « constater que les mentalités n’évoluent pas et que très peu de postes avec d’importants enjeux sont confiés [aux femmes] : les finances, l’urbanisme, les transports, l’économie et les travaux restent l’affaire des hommes. »

Elles évoquent ainsi la démission de Brigitte Jacquesson de son poste d’adjointe à la mairie de Thonon après que Christophe Arminjon, maire de la Ville, a décidé de ne pas lui confier les finances, « selon lui par manque de compétences ». « Un argument uniquement opportuniste. Madame Jacquesson est médecin pédiatre, de formation scientifique ; et elle a été conseillère municipale pendant tout un mandat. Elle aurait été apte à cette fonction, d’autant plus que les services financiers de la ville de Thonon sont là pour tous les aspects techniques », soulignent les trois anciennes candidates.

Des « symboles d’une arriération des mentalités »

La situation à Thonon Agglomération où « seules quatre femmes ont été élues vice-présidentes », sur 14, est également pointée du doigt. « Dans une région qui se dit attractive et inventive, comment accepter ces absences, symboles d’une arriération des mentalités en refusant à ce point la parité, et la reconnaissance des compétences techniques des femmes ?, s’interrogent les trois Thononaises. Nous espérons que l’assemblée de l’agglomération fera des choix plus audacieux, jeudi soir [30 juillet] et que les portefeuilles de Thonon seront redistribués selon un ordre moins patriarcal et plus innovant. »

Le Bas-Chablais, une exception

Si dans le Bas-Chablais, près de la moitié des maires du Bas-Chablais sont désormais des femmes (8 sur 17), cette féminisation est un peu l’arbre qui cache la forêt. En effet, à l’exception de quelques enclaves, les hommes continuent, dans le Chablais, de représenter une écrasante majorité des personnalités siégeant dans le fauteuil de gestionnaire de la commune (73%).