Bip à la ceinture et gilet de sauvetage sur les épaules : une matinée avec les sauveteurs de Thonon

Dominique Mouillet, président de la section thononaise du sauvetage à la barre, et Christian Curvat, président départemental de la Fédération française de sauvetage et de secourisme.
Dominique Mouillet, président de la section thononaise du sauvetage à la barre, et Christian Curvat, président départemental de la Fédération française de sauvetage et de secourisme.

Dominique Mouillet et Christian Curvat sont de garde ce mardi matin. Ils ont chacun un «bip» à la ceinture, et à la moindre alerte, ils doivent être prêts à intervenir sur le Léman, à bord de la «Belle de Rives», propulsée par ses deux puissants moteurs de 250 CV. Le premier, président de la section thononaise du sauvetage, est bénévole depuis 7 ans ; le second, président départemental de la Fédération française de sauvetage et de secourisme (FFSS), a plus de 30 ans d’expérience. Ils sont une quinzaine de bénévoles, et les deux présidents insistent sur ce statut bien particulier, à la section de Thonon. Aux côtés des pompiers de la ville, dont ils dépendent juridiquement, c’est grâce à eux que la zone 3 du Léman, située au large de la capitale du Chablais, est surveillée 24 heures sur 24.

Des comportements inadaptés, en France comme en Suisse

Après être sorti du port, le bateau prend la direction de Port-Ripaille pour rejoindre Eric Schmalz, le président de la section du sauvetage d’Ouchy. Les vagues qui suivent le bateau réjouissent la quinzaine de personnes pratiquant le paddle au large de la plage de la Pinède. « Heureusement, eux ont un gilet de sauvetage, mais beaucoup ne le portent pas, alors que c’est obligatoire » glisse Christian Curvat.

Des bateaux qui prennent l’eau et des voiliers retournés

Quelques minutes plus tard, discussion amicale avec Eric Schmalz sur la reprise des activités touristiques post-confinement. Alors que la section de Thonon a en moyenne 35 interventions par an, elle en compte déjà une quarantaine à la fin juillet. Cette saison est relativement chargée, reconnaissent les deux présidents : deux bateaux qui ont pris l’eau, dont l’un après avoir heurté des rochers, quatre voiliers retournés, etc. « Et les pannes d’essence sont nombreuses, faites le plein avant de partir  ! » lance le Vaudois.

Les Chablaisiens rappellent l’importance de descendre l’ancre si cela arrive, pour éviter de dériver et donc de terminer contre des rochers. « C’est du bon sens, mais plein de gens n’ont pas les bons réflexes lorsqu’ils sont sur le lac, explique Dominique Mouillet. La dernière fois, on a reçu un appel, et les gens ne nous ont même pas fait signe quand on les a approchés  ! Comment voulez-vous qu’on sache qu’ils sont en difficulté   ?  »

En Suisse, les paddles posent également quelques difficultés. « Les jours de bise, le vent pousse ces petites embarcations vers le large, et les gens s’épuisent sans réussir à regagner le bord », explique Eric Schmalz.

Une bonne coopération avec la Suisse

Les très bons rapports qu’entretiennent les sections suisses et françaises sont au cœur de la coopération sur le sauvetage, qui a montré sa capacité de réaction lors du Bol d’Or 2019, particulièrement chaotique. Eric Schmalz, Dominique Mouillet et Christian Curvat s’y voient encore en racontant les différents naufrages et un hélitreuillage vers l’hôpital de Lausanne malgré de très forts vents. Les moyens de la section d’Ouchy laissent rêveurs les deux Chablaisiens : 132 interventions l’année passée, 171 bénévoles actifs, 231 membres passifs… En tout, ce sont entre 680 et 700 interventions qui ont lieu chaque année sur le Léman, rives suisse et française confondues.