Albertville : sur fond de misère sociale, la drogue comme accélérateur de délinquance

«
j’ai envie d’arrêter, mais je n’en ai pas la force a affirmé Mélissa devant les juges
».
« j’ai envie d’arrêter, mais je n’en ai pas la force a affirmé Mélissa devant les juges ».

«   Cette affaire, c’est le solde de la misère sociale, affirma Maître Anne-Lise Falda-Buscaïat, le résultat de lourdes épreuves qui ont plongé ma cliente dans la drogue ».

A la barre, Mélissa reconnaît tous les faits, les vols de numéraires au Mac Do de Gilly, de jeux à gratter et d’argent dans un restaurant à La Bâthie, elle admet aussi avoir altéré des écrits pour éviter d’avoir à refaire des analyses toxicologiques qu’elle jugeait trop coûteuses. La jeune femme fait amende honorable... mais quand le président du tribunal lui demande si elle a arrêté de consommer de la drogue, elle répond « J’en ai envie, mais je ne me sens pas prête » et d’ajouter « une petite partie de l’argent volé m’a servi à me fournir en stupéfiants, mais j’ai aussi acheté des cigarettes, à manger et de l’essence ». « Comment se passe votre détention ? » « Ce n’est pas la joie, mais celle me permet de réfléchir, de me rendre compte que j’ai fait n’importe quoi. Ce que je veux, c’est payer ma dette et reprendre une vie normale avec mon fils et mon conjoint ».

Des propos qui laissèrent sceptique le gérant du restaurant, victime des cambriolages. A Mélissa il glissa « Votre vie n’est pas facile  ? La nôtre ne l’est pas non plus, moi je me lève tous les jours pour aller au boulot et je veux que vous compreniez que ces vols ont eu des conséquences sur nos vies personnelles et professionnelles ».

« Une élimination sociale  ! »

Aurélie Coutagny, la procureur, rappela que la prévenue était une habituée des tribunaux et qu’elle comparaissait en état de récidive  : « La question n’est plus allez-vous rester en détention ou pas, mais pour combien de temps allez-vous y demeurer. Vous demandez un aménagement de peine, mais s’il n’est que de façade, à quoi bon  ? » Elle requit une sanction de 18 mois dont six avec sursis et maintien en détention.

« Cette peine, déplora Maître Falda-Buscaïat, c’est une élimination sociale, c’est lui dire vous n’avez pas d’avenir. Quand elle a été incarcérée au mois d’avril, elle n’a pas baissé les bras, elle a au contraire investi sa détention, mis en place des suivis psychologiques et psychiatriques, elle travaille, a réfléchi à un projet professionnel... » L’avocate ajouta aussi « quand on bénéficie de revenus décents, que l’on a une vie simple, bien rangée, c’est difficile de se mettre à la place de ma cliente ».

Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné la jeune femme de 28 ans à 18 mois de prison dont 9 avec sursis, obligation de soins, de travailler et de rembourser ses victimes. Elle a été maintenue en détention.