Chanay : la situation des pompiers du centre de première intervention stagne

Quatre femmes et une dizaine d’hommes composent l’équipe du CPINI de Chanay.
Quatre femmes et une dizaine d’hommes composent l’équipe du CPINI de Chanay.

Ç a va faire 12 ans que je suis maire de Chanay et ça va faire 12 ans que je dis la même chose à propos du CPINI    » introduit Henri Caldairou également président du SIVU (syndicat intercommunal à vocation unique)

Un CPINI, c’est quoi ?

Il s’agit d’un centre de première intervention non intégré au corps départemental, en d’autres termes, un centre dans lequel plusieurs sapeurs-pompiers volontaires sont bénévoles et interviennent dans un périmètre donné. Comme un CIS (centre d’incendie et de secours) «   normal   », une caserne «   normale   » (malgré un cahier des charges différent, voir ci-contre) mais cette structure n’est pas rattachée au corps départemental.

Les volontaires de Chanay, évidemment formés pour intervenir, peuvent être appelés sur Chanay, Surjoux et l’Hôpital. La situation de CPINI est particulière puisque l’entité pe

ut agir vite (moins de 20 minutes) sur une zone géographique sur laquelle les services du département ne peuvent pas intervenir rapidement. (Il existe des CPINI qui agissent sur des territoires déjà couverts par les services du SDIS – service départemental d’incendie et de secours).

Quel est le problème posé ?

Le CPINI est une compétence du SIVU. «   Les communes qui comportent des CPINI, comme nous trois, sont soumises à la double peine, explique Henri Caldairou.  Comme toutes les communes du département, on contribue au financement du SDIS mais en plus, on assure le soutien de notre propre CPINI    ».

Quel intérêt à être intégré au corps départemental ?

Evidemment, l’intérêt est, entre autres, financier puisque le département qui met à la main à la poche veut dire «   plus de moyens   ». Le président du SIVU n’oublie pas un point : «   Les sapeurs-pompiers volontaires abattent du travail. Pour moi, les intégrer au corps départemental, ça serait aussi leur offrir une reconnaissance    ». Il indique qu’aujourd’hui, le CPINI de Chanay est composé d’environ 14 sapeurs-pompiers volontaires dont quatre femmes pour une cinquantaine d’interventions par an (les chiffres peuvent légèrement varier. Le chef de corps du CPINI, Jean Bornard, en a meilleure connaissance mais malgré sa volonté, pour cause professionnelle, n’a pas pu nous répondre dans les délais du bouclage).

Henri Caldairou souligne que «    aucun n’est rémunéré. Ils peuvent toucher une sorte d’indemnité de sortie mais ils ont fait le choix de ne pas la percevoir. Elle était, en plus, symbolique    ».

Une équipe de volontaires essentielle en cas de problème

Chanay n’est pas assez proche des CIS (centre d’incendie et de secours) de Seyssel et de Bellegarde, ce qui a comme conséquence un délai d’intervention très long, à environ plus de 30 minutes. «   Autant dire qu’il ne faut pas faire un arrêt cardiaque ! » constate Guy Larmanjat, conseiller départemental du canton de Bellegarde. C’est pour cela que le CPINI est essentiel à Chanay « et s’intégrerait parfaitement dans le corps départemental  » selon le maire de la commune concernée.

Guy Larmenjat, qui soutient, sur ce point, Henri Caldairou, rappelle que, malgré un cahier des charges différent de celui d’un corps départemental (voir « Plus d’infos » ci-dessus), les interventions des sapeurs-pompiers volontaires du CNIPI sont fondamentales : « Imaginons, s’il y a un incendie sur l’une des trois communes couvertes, ils vont arriver en premier et ils vont baliser le secteur, ils vont commencer à monter sur des poteaux ce qu’on appelle des divisions. Et tout ça sera déjà en place à l’arrivée du CIS. C’est un vrai gain de temps !   »

Le conseiller départemental n’oublie pas de mentionner Saint-Germain-de-Joux qui, coincé entre Bellegarde et Nantua, est dans la même situation que Chanay.