Corps retrouvé en partie calciné à Chevaline: l’homme s’est suicidé par immolation

Après la découverte d’un corps sans vie dans la Combe de Chevaline, mercredi 2 septembre au matin, les gendarmes ont bouclé le périmètre.
Après la découverte d’un corps sans vie dans la Combe de Chevaline, mercredi 2 septembre au matin, les gendarmes ont bouclé le périmètre.

C’est un corps qui a ravivé de mauvais souvenirs. Un corps retrouvé le 2 septembre 2020 dans la Combe de Chevaline. Un corps en partie calciné, gisant au pied d’une voiture. Un homme sans vie, huit ans après le quadruple assassinat de 2012 et presque au même endroit.

Il est environ 8h30 ce mercredi 2 septembre et l’information circule vite, très vite. En quelques heures, des reporters sont dépêchés sur place. Les images alimentent le fantasme : même route, mêmes photos, mêmes barrages de gendarmes qu’il y a huit ans. Qui est cet homme ? Pourquoi ici ? Pourquoi début septembre ?

Périmètre bouclé

Elle est étrange, cette histoire. L’homme a les jambes brûlées. Il a été retrouvé à côté d’une voiturette incendiée, sur la route forestière domaniale de la Combe d’Ire. Dans le véhicule, deux armes d’épaule.

Les gendarmes établissent un périmètre de sécurité. Tous les véhicules passant par là sont contrôlés : nom, adresse et raison du trajet. Conducteurs et passagers s’exécutent.

La mairesse prend un arrêté : route fermée à la circulation et promeneurs interdits pendant deux jours dans la Combe d’Ire.

Les réseaux sociaux s’enflamment : et s’il y avait un lien avec l’affaire non résolue de 2012 ? Et s’il s’agissait du meurtrier ? Ou alors d’un cinquième assassinat ?

À la mi-journée, coup de fil à la procureure de la République d’Annecy : « L’affaire n’a aucun lien » avec le quadruple assassinat de 2012, nous explique Véronique Denizot. Fin du fantasme et début des explications.

Il a acheté de l’essence le matin même

Le corps est celui d’un homme d’environ 70 ans. Un homme simple et sans histoire. Un chasseur qui aimait les fusils. Un habitant de Doussard, malade et dépressif, venu se donner la mort dans cet endroit si beau et si tragique, à l’abri du vent, dominé par les arbres, et le secret, aussi.

Ce mercredi 2 septembre, l’homme est allé acheter de l’essence dans une station pas très loin de chez lui. C’était tôt le matin, une femme l’a vu, il s’agit de la caissière, dont « le témoignage a été recueilli » explique le Parquet.

« Pas d’intervention d’un tiers »

Ensuite, il a pris le chemin de la Combe d’Ire au volant de sa voiturette. Il n’était pas 9 heures. Puis, assis sur le siège conducteur, il s’est aspergé du liquide inflammable avant de mettre feu à son corps et au véhicule. L’homme aurait succombé par terre, sur la route, où il a été retrouvé, après s’être extrait de la voiture, selon le Parquet.

Il s’agit d’un « suicide par immolation dans un contexte de dépression », confirme Véronique Denizot, qui exclut « toute intervention d’un tiers ». Quant aux armes, deux fusils de chasse, ils sont toujours « en cours de vérification ».