Béa Johnson : «Une existence tout à fait normale avec le mode de vie zéro déchet»

Les déchets produits en une année par le foyer de Béa Johnson tiennent dans un bocal. (Crédit photo
: Jacqui J.)
Les déchets produits en une année par le foyer de Béa Johnson tiennent dans un bocal. (Crédit photo : Jacqui J.)

Depuis 2008, Béa Johnson et sa famille ne produisent qu’un bocal de déchets annuels. Surnommée la « mère du mode de vie zéro déchet » par la chaîne télévisée américaine CNN, elle casse toute idée préconçue, en prouvant que « ce style de vie peut non seulement être beau, mais aussi améliorer la santé, économiser temps et argent ». Avec son blog et son livre, devenu best-seller international, Béa a lancé un mouvement global, inspirant des centaines de milliers d’adeptes à réduire leurs déchets ménagers, ouvrir des magasins de vrac, concevoir des produits réutilisables…

Quel est votre parcours ?

Je suis originaire d’Avignon. A la fin du lycée, j’ai décidé d’aller aux Etats-Unis, travailler comme jeune fille au pair, pour améliorer mon anglais. Je suis tombée amoureuse d’un Américain. On s’est marié, on a eu deux enfants.

Quel était votre mode de vie initial ?

Nous habitions en banlieue de San Francisco, il fallait prendre la voiture pour tout faire. Ce qui différait avec la vie qu’on avait connue à Londres, Amsterdam, Paris. Là, on avait l’habitude de fonctionner à pied ou à vélo. On a donc décidé de se rapprocher d’un centre-ville. Avant de trouver la maison idéale, on a loué un appartement pendant un an et on a déménagé avec le strict nécessaire. On s’est rendu compte que lorsqu’on vit avec moins d’affaires, on a plus de temps pour faire ce qui est important, se consacrer à sa famille, ses amis, se balader… 80 % des biens matériels qu’on avait mis en garde-meuble ne nous ont pas manqué.

En 2007, vous emménagez dans votre nouvelle maison, à Mill Valley, et votre mode de vie change ?

De 2007 à 2008, on a procédé à un grand désencombrement et adopté une vie simple. On a lu des livres et regardé des documentaires qui nous ont fait réfléchir sur le principe du zero waste (zéro déchet). Ce terme était utilisé pour des pratiques de gestion des déchets, dans le domaine industriel, les mairies. Il ne désignait pas un mode de vie ou des pratiques de ménagère. Ce terme a produit un déclic chez moi et m’a donné un objectif.

Comment l’avez-vous appliqué au sein de votre foyer ?

J’ai cherché tout un tas d’alternatives pour réduire nos déchets, sur le long terme. C’est devenu un mode de vie qui s’applique donc à tous les aspects de votre vie. Avec une réduction de notre consommation d’électricité, d’eau, un impact sur la façon dont vous faites les courses, vous vivez, vous voyagez… Je n’ai, par exemple, que 15 vêtements dans ma garde-robe, qui me permettent de créer plus de 50 ensembles différents.

En quoi consiste votre méthode ?

La règle des «5 R» permet d’arriver à un bocal de déchets annuel, pour une famille de quatre personnes : refuser (les emballages), réduire, réutiliser, recycler, rendre à la terre (composter). Le terme de zéro déchet a l’air extrême, peut faire peur aux gens. En fait, on mène une existence tout à fait normale. Le zéro déchet, c’est plus ce que l’on fait à l’extérieur qu’à l’intérieur du foyer. La personne qui consomme pour le foyer choisit de ne pas consommer ou de consommer différemment, c’est-à-dire en achetant ses produits sans emballage et en achetant le nécessaire d’occasion.