Thonon-les-Bains: la colère d’une mère après l’accident de son fils

Si Miguel va mieux et peut de nouveau jouer normalement, Ana Maria, sa mère, ne décolère pas.
Si Miguel va mieux et peut de nouveau jouer normalement, Ana Maria, sa mère, ne décolère pas.

Au moment d’aller récupérer son fils Miguel, 9 ans, qui souffre d’importants problèmes de concentration, à la sortie d’une balade à vélo avec l’Institut thérapeutique éducatif et pédagogique (Itep) du Léman, le 6 juin, Ana Maria n’est pas rassurée : «  Quand je l’ai vu au loin, il avait du mal à marcher. Il m’a expliqué qu’il était tombé à vélo, qu’il avait atterri sur le guidon et qu’il avait mal. Les éducateurs m’ont confirmé qu’il était tombé, mais que ce n’était pas grave ». Cinq mois après, la colère n’est pas retombée. Et pour cause. Il ne s’agissait pas simplement d’une chute à vélo sans gravité. Dans le bus qui le ramène chez lui avec sa mère, Miguel se plie en deux. Il souffre.

La rate coupée en deux

Les quelques dizaines de mètres qui séparent l’arrêt de bus de l’appartement familial sont un calvaire. Le garçon peine à marcher, et se couche directement sur le canapé. Sa mère l’examine alors sous toutes les coutures : « Il ne pouvait quasiment pas bouger, il avait des plaies sur plusieurs parties de son corps et son ventre était noir. Je l’ai emmené directement aux urgences, il n’avait plus de force. Heureusement, il n’y avait personne, et il a été pris tout de suite en charge » A l’hôpital, Miguel passe une radio. Alarmante. Le petit garçon a la rate coupée en deux. Il est héliporté en urgence à Lyon, dans un établissement spécialisé. « On m’a dit que si je l’avais gardé une heure de plus à la maison, il était mort. J’ai eu tellement peur, je ne souhaite à personne de vivre ça. » Opéré dans la foulée, Miguel restera plusieurs jours sous étroite surveillance à Lyon. Depuis, il va mieux, mais sa mère veut des réponses.

Deux plaintes déposées

Pourquoi Miguel n’a pas été examiné par les éducateurs ? Pourquoi n’a-t-elle pas été prévenue avant de l’accident de son fils ? Pour avoir des réponses, Ana Maria a depuis déposé deux plaintes : l’une contre l’Itep, l’autre contre le médecin de la structure. « Je n’ai eu qu’un contact téléphonique avec l’Itep. Depuis cet accident, je n’ai plus eu une seule ordonnance pour le traitement de mon fils. Il a fait sa rentrée sans médicament alors qu’il en a grandement besoin, notamment pour sa concentration », peste la mère de famille.

De son côté, la structure affirme qu’à partir du mois de juin, Miguel ne faisait plus partie de l’Itep (ce qui était prévu avant l’accident). De ce fait, ce n’était plus à eux de fournir les ordonnances. Toujours est-il que la situation stagne depuis plusieurs mois et que Miguel et sa famille aimeraient bien tourner définitivement la page de cette histoire douloureuse.

L’Itep se tient à disposition de la famille

Contactée, la fondation OVE, qui gère l’Itep du Léman a affirmé se tenir à disposition de la famille, tout en regrettant la gravité de l’accident subit par Miguel. La fondation n’a en revanche pas souhaiter faire de plus amples commentaires sur les faits en eux-mêmes – la mère de Miguel ayant déposé une plainte contre eux – et a affirmé avoir tenté à plusieurs reprises de joindre la mère de famille. En vain. Miguel est maintenant pris en charge par une autre structure spécialisée du Chablais.