(VIDEOS & PHOTOS) Annecy : les personnels soignants réclament plus de moyens pour affronter la deuxième vague

«   On a été applaudis comme des héros, nos dirigeants nous traitent comme des zéros. » ou encore «  L’hôpital est prêt pour une nouvelle vague. Non, je rigole ! ». C’est ce qu’on a pu lire parmis les banderoles et les pancartes des manifestants réunis devant le centre hospitalier Annecy Genevois (Change) à Épagny Metz-Tessy, jeudi 15 octobre 2020.

« Les personnels hospitaliers se sentent trahis »

Pour cette journée nationale de grève et de mobilisation dans le secteur de la santé (à laquelle ont participé plusieurs syndicats et collectifs), environ 150 personnes, dont de nombreux personnels soignants, se sont rassemblées devant l’hôpital annécien avant de défiler sur les ronds-points à proximité de l’établissement. Parmi elles, le Docteur Renaud Chouquer, médecin en réanimation et membre du bureau du Collectif inter-hôpitaux (CIH) d’Annecy.

« Les personnels hospitaliers se sentent trahis par les conclusions et les mesures prises à la suite du «Ségur de la santé» [consultation organisée entre mai et juillet 2020 par le gouvernement, NDLR], qui est juste un rattrapage de tout ce qui n’a pas été fait au cours des 10 ou 12 dernières années. On attend beaucoup plus », explique-t-il.

Les revendications portent sur le manque de moyens, notamment en termes de personnels, les rémunérations et la gouvernance des hôpitaux. Par contre, il n’y a pas à l’heure actuelle de problèmes de matériel (masques, surblouses, gants…) au Change, d’après les professionnels de santé interrogés.

« Il aurait fallu anticiper »

La deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 qui monte en France les inquiète par contre fortement. « Si on veut ouvrir tous les lits de réanimation qu’on a annoncés, on ne peut pas le faire avec les effectifs dont on dispose actuellement. C’est impossible », pointe Renaud Chouquer. Il aurait fallu anticiper, c’est-à-dire recruter massivement. Ce n’est pas du tout le cas, on a même l’impression qu’on a moins de ressources qu’il y a quelques mois. »

Celui qui est également délégué du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateur (SNPHAR-E) note également que « des soignants ont mal vécu la première crise et ne seront pas forcément enclins à revenir pour une deuxième vague ». D’autant plus que certains n’ont « pas reçu la prime parce que les critères d’attribution étaient un peu rigides ».

« On n’a pas de garanties »

Face à la nouvelle progression du virus, une organisation a été prévue pour se préparer à l’arrivée des malades, mais là encore se posera le problème des effectifs. «  Si, par exemple, on voulait monter à 60 lits de réanimation, il nous faut plus de 150 soignants non-médicaux supplémentaires. C’est énorme. Là-dessus, on n’a pas de garanties. On ne sait pas où on va trouver ces gens-là », expose le docteur Chouquer. Aujourd’hui, le service compte environ 115 personnels soignants non-médicaux et un peu plus d’une dizaine de médecins pour faire tourner 16 lits de réanimation et 8 lits de surveillance continue.

Pour l’heure, seulement deux ou trois patients y sont pris en charge. « . Si c’est une deuxième vague, elle ne fait que débuter et on n’est pas en difficultés actuellement à l’hôpital d’Annecy. »

Témoignages d’infirmiers de l’hôpital d’Annecy :