Comment j’ai appris à aimer mes cheveux frisés

Comment j’ai appris à aimer mes cheveux frisés

S’il y a bien une chose contre laquelle on ne peut pas lutter, ce sont les cheveux. Les miens, je les ai toujours considérés comme un fardeau, une fatalité avec laquelle je devrais vivre jusqu’à la fin de mes jours. Qu’on s’entende bien, j’ai beaucoup de chance d’avoir de longs cheveux bruns, épais et en bonne santé.

Mais à mon (ancien) grand désespoir, ils sont frisés. Pas la petite ondulation qui donne du mouvement aux cheveux, non, la vraie boucle qui tourne parfois au crépu. Durant mon enfance, on me répétait constamment : « Mais d’où tiens-tu ces cheveux frisés, alors que ta mère et ta sœur les ont parfaitement lisses ? ». Question à laquelle ni moi, ni ma famille n’avons pu trouver de réponse (quoiqu’une vieille tante lointaine avait les cheveux qui avaient tendance à friser).

Les cacher par tous les moyens

Quoi qu’il en soit, j’ai passé de nombreuses années à les cacher en les attachant constamment. J’étais d’ailleurs devenue très inventive avec le temps : chignon haut, queue-de-cheval, tresse… En aucun cas il m’était possible de les laisser détachés.

Pourquoi, me direz-vous ? Tout simplement à cause de la bêtise enfantine qu’est la moquerie. « Touffe-touffe », « naf-naf », « t’as mis les doigts dans la prise avant de venir à l’école ce matin ? » sont des remarques que j’ai supportées de mon enfance jusqu’à mon adolescence, au lycée, et qui m’ont fortement marqué. Ah, ce que les enfants peuvent se montrer cruels !

Le défrisage de la discorde

Jusqu’au jour où je découvre le miracle du défrisage, à 16 ans, que je décide de faire régulièrement chez le coiffeur, pour les avoir tout le temps lisses. Jusqu’à ce que je perde quasiment la moitié de mes cheveux à cause d’une pose douteuse. Depuis ce jour, hors de question de leur refaire subir un tel traumatisme. Pas d’autre choix donc que d’apprendre à vivre avec.

Je me suis donc appliquée à trouver des produits spéciaux pour eux, même s’ils sont un peu onéreux, et à apprendre à bien les coiffer. J’ai également travaillé sur moi-même, afin de changer mon regard sur cet élément que je considère si important chez une femme. Mon entourage ayant changé avec les années, et mûri évidemment, les moqueries ont fini par disparaître pour laisser place à des compliments, que je prends avec plaisir.

Alors on ne va pas se mentir, je me préfère toujours avec les cheveux lisses, que je trouve plus soignés de cette manière. Mais l’été, avec la chaleur et les baignades à répétition, plus question de me torturer l’esprit (et le corps) avec sèche-cheveux et autre lisseur. Je mets la tête sous l’eau, je gagne du temps à la salle de bain, et je crie haut et fort : VIVE LES FRISETTES !