Fraude bancaire : 30 % des victimes n’ont pas été remboursées cette année

Les victimes de fraude bancaire sont de moins en moins bien remboursées.
Les victimes de fraude bancaire sont de moins en moins bien remboursées. - © 123RF - Photo d’illustration

L’UFC Que choisir a rendu publique jeudi 22 octobre une enquête sur les fraudes à la carte bancaire. Sur les douze derniers mois, 30 % des victimes de fraudes n’ont pas été remboursées, contre 26 % l’année précédente ou contre 20 % selon un chiffre du ministère de l’Intérieur diffusé à l’époque. Cette enquête a été réalisée entre le 2 et le 9 septembre auprès de 1.535 consommateurs victimes de fraude au cours des douze derniers mois et abonnés à la newsletter de l’UFC-Que Choisir.

Le premier motif opposé aux consommateurs par les banques est la négligence. Or, selon l’organisme, « dans la grande majorité des cas, cet alibi ne tient pas la route ». En effet, depuis le 14 septembre 2019, l’utilisation d’un code à usage unique comme moyen d’authentification sur internet n’est plus jugée suffisant et « les consommateurs n’ont pas à payer au nom du retard technologique de leur banque ! ».

« Une kyrielle de formalités »

D’après l’UFC Que choisir, seulement 46 % des consommateurs sont équipés d’un dispositif d’authentification forte, qui utilise un mot de passe ou un système de reconnaissance digitale. « Les banques sont en retard pour la sécurisation des transactions à distance », pointe l’association qui déplore également des pratiques qui « visent à décourager les consommateurs dans leurs démarches. » notamment avec « une kyrielle de formalités pour démontrer sa bonne foi ».

De son côté, la Fédération bancaire française balaye ces accusations et explique que, une fois la fraude révélée par le client, « chaque banque s’organise ensuite pour apprécier la situation, selon les circonstances et le type de fraude, et assurer le traitement ».

Attention au « sans contact »

L’UFC Que choisir pointe également le risque de fraude avec les paiements sans contact, d’autant plus que leur plafond a été relevé à 50 euros et que même l’opposition de la carte ne permet pas de bloquer ce système de paiement, tant que le plafond n’est pas atteint, c’est-à-dire jusqu’à 150 euros cumulés ou cinq transactions. L’association estime qu’il est « indispensable de rendre aux consommateurs le contrôle sur ce mode de paiement. »