(VIDEO & PHOTOS) Annecy sous le couvre-feu, ça ressemble à quoi?

Depuis le samedi 24 octobre et jusqu’au vendredi 13 novembre à minuit, la Haute-Savoie est soumise au couvre-feu, comme 53 autres départements de l’Hexagone et d’outre-mer. Une situation suffisamment rare dans notre pays pour que personne ne sache vraiment comment l’appréhender.

À Annecy, après un premier week-end passé à découvrir cette situation, nous sommes allés déambuler dans les rues de la ville entre 21 heures et 23 heures, lundi 26 octobre. Objectif : saisir l’atmosphère de ce moment inédit et historique.

Une désertification pas tout à fait complète

Dehors, la première impression est visuelle. Le noir accentue la sensation de vide. Insiste sur la désertification de la ville, même si celle-ci n’est pas tout à fait complète. Car si les lieux habituellement festifs tels que les abords du cinéma, la place Sainte-Claire (en vieille ville) ou les rues Carnot et Sommeiller sont bel et bien dépeuplés, nous avons tout de même croisé une douzaine de scooters, vélos et autres voitures sur les artères principales au cours de notre périple. Et au moins autant de piétons. La plupart, qui ne souhaitaient pas s’attarder pour discuter, se rendaient simplement d’un endroit à un autre. Et deux sortaient le chien.

Des bruits différents

La deuxième impression, elle, est sonore. Dans les Jardins de l’Europe, le parc de l’Impérial ou sur le Pâquier, on entend désormais les coassements des grenouilles et les cancanements des canards davantage que les verres qui trinquent, les enceintes qui crachent de la musique ou les gens qui discutent. Sur l’avenue d’Albigny, le bruit du vent dans les immenses platanes a remplacé celui des baskets des joggers qui crissent sur les gravillons.

La tristesse des restaurateurs

Enfin, la dernière image est celle de la tristesse des quelques patrons de bars et de restaurants croisés çà et là, affairés à nettoyer leurs établissements, vider la caisse et sortir les poubelles. « Des tâches que je fais généralement vers minuit », explique l’un d’entre eux, abordé rue du Pâquier et visiblement pressé de rentrer chez lui.

16 verbalisations

D’après les autorités, ces trois premiers soirs de couvre-feu se sont « plutôt bien passés » sur l’arrondissement d’Annecy. Les gendarmes, qui multiplient désormais les patrouilles jusqu’à minuit, n’ont constaté « aucune infraction » à ce jour. A contrario, les policiers, eux, ont déjà verbalisé 16 personnes. Pour rappel, l’amende en cas de sortie non justifiée entre 21 heures et 6 heures du matin est de 135 euros.