Couvre-feu : après 21 heures, quelques livreurs et gens qui promènent leur chien

Lundi 26 octobre à 21h, rares étaient ceux qui se risquaient dehors sans attestation.
Lundi 26 octobre à 21h, rares étaient ceux qui se risquaient dehors sans attestation.

A la sortie du cinéma, une demi-heure avant le couvre-feu, deux amis discutent. « On est juste à côté. On prend le temps puisque l’on ne peut pas bavarder autour d’une bière », rigolent-ils. Plus loin sur la place de l’Europe, un homme et ses enfants se dépêchent. « C’était l’anniversaire de ma grande fille, elle a 19 ans. On va essayer de respecter le couvre-feu. On a pas trop l’habitude de cela dans les villages. Je suis de Valmorel », avoue Nicolas visiblement en retard. Il ne reste qu’une ou deux tables d’occupées dans les bars. « On finit le verre et puis on rentre à la maison. C’est triste », lâche Fabien, 30 ans, attablé à l’Esquisse. Une femme rentre chez elle. « Je travaille dans les ménages. On finit tard le soir. Mais, j’ai l’attestation de mon employeur », assure Brigitte 56 ans. Il est presque 21h, une famille marche rue de la République. « Il est 20h57. On a le temps. On habite juste là », dit la mère de famille dans un sourire. Plus haut dans la rue, une femme de 44 ans sort son fils de la voiture. « Je ne savais même pas qu’il y a avait un couvre-feu. J’étais au tribunal à Chambéry  ». L’église Saint-Jean-Baptiste sonne. Il est 21 heures. On ne croise plus que des promeneurs avec leur chiens. « Pour eux le couvre-feu, ça n’existe pas », reconnaît Amandine 30 ans alors que Nadia précise « j’ai mon attestation sur mon téléphone ». Plus loin un jeune homme à la cool sans attestation sort. « Je vais chercher des pizzas ». Il se dirige vers une voiture Uber Eats et récupère son repas du soir. Une femme sonne à un interphone. « Je vais juste rendre le plat à mon voisin. J’aurai dû partir 10 minutes plus tôt.  » La police est passée et ne l’a pas vue.