Alex: le groupe Fournier abandonne son projet de construction d’une nouvelle usine de production

L’usine du Bray, à l’entrée de Thônes, produit pour toutes les marques du groupe Fournier Habitat dont les cuisines Mobalpa.
L’usine du Bray, à l’entrée de Thônes, produit pour toutes les marques du groupe Fournier Habitat dont les cuisines Mobalpa. - Photo d’archives

« Le groupe Fournier doit mettre à l’arrêt un projet d’implantation industrielle à Alex qui devait créer des emplois dans la vallée et répondre à une forte demande du marché ». Dans un communiqué daté de ce mercredi 4 novembre, l’entreprise, dont le siège est implanté à Thônes, a confirmé l’information parue ce jour-là dans les colonnes de notre confrère du Dauphiné Libéré.

Il s’agit d’un véritable coup de tonnerre pour l’industrie et l’activité économique du bassin annécien, déjà impactées par la crise sanitaire. D’autant que le spécialiste de la fabrication et la commercialisation de meubles de cuisine, de salles de bain et dans l’agencement sur mesure comptait investir pour la construction, sur un site de 24 000 m2, une usine de production qui devait créer une centaine d’emplois.

Un projet pourtant validé par la commune et la préfecture

Sauf que leur projet a été mis à mal, depuis plusieurs mois, par un collectif d’habitants de la commune d’Alex qui a déposé un recours malgré la délivrance du permis de construire par la mairie et l’autorisation préfectorale ICPE.

« Même si le recours n’est pas suspensif et la poursuite du projet légalement possible, l’entreprise ne souhaite pas prendre le risque de continuer à investir les 80 millions € à engager en faveur de ces développements. Dans les faits, cette procédure et les délais administratifs qui y sont liés rendent impossibles le projet initial, malgré les 1,8 million € investis dans son étude de faisabilité », explique le groupe Fournier.

Puis ajoute : « Pourtant, au cours de ces premiers développements, Le groupe Fournier a été particulièrement attentif aux opinions exprimées dans le cadre des consultations menées en proximité. Ces dernières ont donné lieu à différentes améliorations, optimisant le projet au regard des exigences du territoire, de son environnement et de ses habitants ».

Toutefois, l’entreprise thônaine, dénonçant « une procédure hostile et inappropriée à un projet bénéfique et respectueux de tous », n’entend pas en rester là. Elle va « répondre aux procédures judiciaires menées et prévoit de demander réparation pour les préjudices subis par cet arrêt contraint ».

La réaction de la Chambre de commerce et d’industrie de Haute-Savoie

Cette annonce en a surpris plus d’un, à commencer par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Haute-Savoie.

«   En tant que chef d’entreprise, je comprends parfaitement les raisons qui ont conduit le groupe Fournier à faire ce choix, réagit d’abord Guy Métral. Ce que je ne comprends pas, c’est la posture qui consiste à considérer que tout projet de développement est intrinsèquement vicié et doit donc faire l’objet d’une opposition automatique et de recours juridiques ».

Tout en rappelant son soutien au groupe Fournier, « entreprise emblématique et exemplaire », le président de la chambre consulaire tire la sonnette d’alarme face à la fronde établie pour chaque projet.

« L’environnement est une composante à part entière de l’économie de la Haute-Savoie et participe à son dynamisme ; et jusqu’à présent, la Haute-Savoie était « enviée » autant pour son cadre de vie que pour son tissu d’entreprises. Il ne faudrait pas que dorénavant, notre département soit surtout connu pour être le premier (et le seul ?) territoire à couper la branche sur laquelle il est assis ! ».