Albertville : 4 enfants de 10 ans justifient les attentats terroristes et menacent de mort leurs enseignants

Albertville : 4 enfants de 10 ans justifient les attentats terroristes et menacent de mort leurs enseignants

« Le terroriste avait raison ». « Toi aussi tu es mort si tu montres des caricatures ». Dans la bouche d’enfants de 10 ans, ces propos font froid dans le dos « surtout, rapporte Eric Lavis, inspecteur d’académie, qu’ils ont été tenus sur un ton calme, sans colère ». Le soir et comme l’exige la procédure mise en place au sein de l’éducation nationale, un signalement a été effectué par les deux enseignants. Ils ont été amenés à témoigner devant la police et c’est l’inspecteur d’académie qui a déposé plainte « La suite, glisse ce dernier,relève de la justice ».

« Une enquête a été ouverte pour apologie du terrorisme et menace de mort relate Pierre-Yves Michaud, procureur de la république de Chambéry. Il était important que nous sachions mesurer ce qui a pu motiver la tenue de tels propos. Hier, jeudi 5 novembre, à 7 heures du matin, les policiers se sont présentés au domicile des enfants et les ont placés en rétention légale, une retenue qui ne peut excéder douze heures, ils étaient assistés d’avocats et les auditions ont été filmées. Au bout de neuf heures, ils ont été remis en liberté. Une jeune fille a été mise hors de cause même si elle a eu un comportement ambigu. Les trois autres élèves ont reconnu les menaces de mort et avoir affirmé que le terroriste avait eu raison. L’un a, dit-il, répété ce qu’il avait entendu à la télé, par effet de groupe, les autres ont suivi. Ils se sont excusés ».

L’enquête a révélé que les familles étaient religieuses, mais pas radicalisées. Au pénal, la justice devrait s’orienter vers une mesure de réparation pédagogique.

Dès mardi l’inspection d’académie a envoyé une équipe de six personnes dont un médecin et une psychologue pour échanger avec l’équipe enseignante, très affectée par cet épisode. Pendant deux jours, le directeur de l’école Pasteur a été éloigné, confie Eric Lavis « du feu de l’actualité » « nous avions prévu d’accueillir en classe les 4 élèves, mais ils ne se sont pas présentés ce matin. En fonction du résultat de la procédure judiciaire, nous envisagerons d’engager une mesure éducation nationale » 

Et de conclure « bien évidemment, nous avons pris très au sérieux ces propos, nous allons accompagner les enseignants et rester vigilants. C’est une équipe très soudée, impliquée dans son travail et qui se défonce pour avancer avec ses élèves. Ils sont accablés par les propos tenus par ces quatre enfants qu’ils suivent depuis des années et avec les familles desquels ils entretiennent de bonnes relations. Ce n’est pas le reflet d’une école où l’ambiance est sereine ».