Seyssel : le jeune homme somnolait dans sa voiture avant de péter un plomb face les gendarmes

L’altercation s’est déroulée sur le parking de la base de loisirs de Seyssel Ain.
L’altercation s’est déroulée sur le parking de la base de loisirs de Seyssel Ain.

Q uand je parle j’aime bien qu’on me regarde dans les yeux ! » Dans le box, le jeune homme de 21 ans ne doute de rien.

Encadré par trois policiers, il joue les fiers-à-bras et s’adresse en ces termes au juge le regard plongé dans le dossier d’instruction. Pas banal ! «  Méfiez-vous j’ai de la mémoire ! », rétorque magistrat Julien Castelbou qui remet en place illico le prévenu en haussant le ton. Ça fonctionne, puisque le prévenu passera une bonne partie de l’audience assagi ou à sangloter la tête plongée dans ses mains. Un gamin plus qu’un adulte, avec un mal de vivre depuis l’enfance. Son addiction au cannabis n’arrange pas les choses. Il a mis le nez dedans dès l’âge de 15 ans. Sa mère est là dans la salle d’audience. Elle est venue le soutenir. De temps à autre, il jette vers elle un regard embué, comme un appel à l’aide.

Morsure et menaces de mort

Les faits se sont déroulés le 28 novembre dernier vers 20 heures à Seyssel sur le parking d’une base de loisirs. Les gendarmes remarquent la présence d’une voiture isolée. A l’intérieur, ils aperçoivent la présence d’un homme apparemment inanimé, affalé sur le volant. Ne parvenant pas à le sortir de son sommeil en frappant sur les portières, les gendarmes craignent que le jeune homme ait fait un malaise.

Ils décident de briser une vitre du véhicule, ce qui a pour effet de le réveiller enfin. Mais l’individu est alors entré dans un état hystérique, refusant de sortir de la voiture et de se laisser appréhender. Il se débat, pète les plombs, mord sérieusement un gendarme à la main, provoquant une interruption temporaire de travail de 45 jours minimum.

Outrages en garde à vue

Il profère aussi des menaces de mort très explicites : «  Si j’avais une arme à feu je vous descendrais tous les deux, vous êtes morts ». Un second équipage, équipé de tasers, est appelé en renfort pour le maîtriser, mais lendemain à Belley, au cours de sa garde à vue, le jeune homme n’est toujours pas calmé, il outrage à nouveau les forces de l’ordre.

Devant le tribunal, il explique que sa copine l’avait largué le jour même, et a reconnu avoir fait usage de stupéfiants. Un bon point pour lui, son employeur a écrit au tribunal pour dire qu’il donnait satisfaction dans son métier de chaudronnier. Comme le prévoit la loi, le prévenu a demandé un délai pour préparer sa défense, le temps de faire réaliser une expertise psychiatrique, souhaitée par son avocate.

Il sera jugé le 4 janvier prochain. D’ici là, il a été maintenu en détention.