Pays bellegardien : une lettre ouverte au président de la République concernant la campagne de vaccination

Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a rédigé la lettre ouverte au président de la République. (photo archives Messager)
Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a rédigé la lettre ouverte au président de la République. (photo archives Messager)

A l’initiative de Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne Rhône Alpes, une lettre ouverte pour Emmanuel Macron a été rédigée. Cette lettre a pour titre «Sortez la campagne de vaccination des bureaux des ministères pour la remettre sur le terrain». Selon la Région, cette lettre a d’ores et déjà été signée par plus de 2 000 élus locaux des territoires auvergnats et rhônalpins. Dans l’Ain, ils seraient 223 dont le président du Département de l’Ain, Jean Deguerry.

Si le principe de vaccination n’y est pas lui-même remis en cause, Laurent Wauquiez s’inquiète de la stratégie gouvernementale : « Aujourd’hui, la stratégie de vaccination dans notre pays inquiète. La conserver nous mènera droit dans le mur. On ne peut se résigner à un tel échec. Il est encore temps mais pour cela, il faut un changement radical d’approche. Nous, élus locaux, nous souhaitons aujourd’hui porter des propositions concrètes et travailler ensemble pour réussir ce défi considérable pour notre pays. »

Quels reproches sont faits ?

« Aujourd’hui l’erreur majeure est que toute la campagne de vaccination a été laissée dans les mains de l’administration centrale et de quelques bureaux dans les ministères. Toutes les erreurs que l’on connaît en découlent : rigidité administrative à tous les étages, absence de pragmatisme et de bon sens, lenteur d’exécution et surtout souci de se protéger de la moindre mise en cause, quitte à préférer ne rien faire. Vous aviez dit que nous étions en guerre contre le virus. Une guerre ne se mène pas avec une telle lenteur. »

Pour Laurent Wauquiez et les élus signataires, la proximité doit être privilégiée.

« Depuis le début, tout a été fait pour tenir à l’écart les élus locaux comme si on s’en méfiait, estime le président de la Région AURA. A chaque fois, vos ministres parlaient de concertation avec les élus locaux et elle n’a jamais lieu comme s’ils étaient jaloux de leurs prérogatives, réflexe qui n’a pas de sens dans une période comme celle que nous vivons. Vous vous enfermez avec ce système dans la lenteur et la complexité alors qu’il faut de la souplesse et du bon sens […] Il faut, sans attendre, confier aux régions avec nos collectivités locales, les départements et nos communes, le soin de mettre en œuvre la politique de vaccination de façon décentralisée. Chacun a sa place : l’Europe a acheté les vaccins ; vous définissez la politique de vaccination ; mais laissez à d’autres le soin de cette mise en œuvre car aujourd’hui, vous n’y arrivez pas. Il faut nous laisser travailler avec nos professionnels de santé, accompagner les collectivités pour se fournir en vaccins qu’elles pourront répartir beaucoup plus rapidement au plus près des habitants, ouvrir avec eux des centres de vaccination dans nos communes […] Nous, élus locaux, nous sommes prêts à nous engager aux côtés de l’Etat pour assurer ensemble la campagne de vaccination qui nous permettra, enfin, d’envisager plus sereinement l’avenir de nos territoires. »

Selon la Région, 223 élus de l’Ain ont signé cette lettre ouverte (au jeudi 7 janvier). Parmi eux, Régis Petit (maire de Valserhône), Patrick Perréard (président de la communauté de communes du pays bellegardien), Myriam Bouvet-Multon (conseillère départementale), Patrice Dunand (maire de Gex et président de Pays de Gex agglo), Christophe Bouvier (maire de Cessy) ou encore Vincent Scattolin (maire de Divonne).