Non-ouverture des remontées mécaniques : une décision «incompréhensible» et «consternante»

Comme ici au Chinaillon (le Grand-Bornand), les remontées mécaniques sont à l’arrêt depuis bientôt un an.
Comme ici au Chinaillon (le Grand-Bornand), les remontées mécaniques sont à l’arrêt depuis bientôt un an.

L’annonce du gouvernement de maintenir fermées les remontées mécaniques dans les stations de ski a largement fait réagir en Haute-Savoie. Parmi les premiers à manifester son mécontentement, Christian Monteil, le président du conseil départemental, s’insurge contre une décision « unilatérale, incompréhensible, qui met en péril toute une filière économique et saborde la vie d’un territoire ».

Ce dernier, via un communiqué, ne comprend pas cette décision prise « sans concertation et sans la moindre volonté de trouver des solutions particulières et adaptées, permettant d’ouvrir les domaines skiables tout en respectant les consignes sanitaires ». D’autant plus que, toujours selon lui, les indicateurs sanitaires sont « en amélioration » (le taux d’incidence est passé de 196 à 179 entre le 7 et le 16 janvier en Haute-Savoie et de 180 à 158 en Savoie) et qu’avec le couvre-feu à 18h et le renforcement du contrôle sanitaire aux frontières, « il est évident que la fréquentation de nos stations sera plus faible et plus locale. Les risques de propagation du virus en seront encore diminués ».

Et de rappeler, en conclusion, son soutien aux « acteurs de la montagne qui sont prêts et ont déjà tout mis en œuvre pour que les skieurs alpins puissent profiter de nos montagnes, au même titre que les amateurs des domaines nordiques, de randonnées et de raquettes ».

4 milliards d’euros de pertes

L’agence Savoie Mont Blanc, de son côté, évoque la « consternation » pour les 112 stations du territoire. Et de décrire « un choc pour les 200 000 socio-professionnels œuvrant à la magie des sports d’hiver en Savoie Mont Blanc ». Selon elle, la perte de recettes touristiques dépassera les 4 milliards d’euros à échéance de la fin des vacances de février et pourrait être portée jusqu’à 5,8 milliards d’euros en cas de restrictions postérieures.

Toutefois, Savoie Mont Blanc, par la voix de son directeur Michaël Ruysschaert, espère aussi qu’une part de vacanciers « que l’on espère la plus importante possible pourra continuer à profiter des plaisirs de la montagne, en dépit des conditions dégradées par la situation sanitaire. Pour les accueillir dans les meilleures conditions, les stations de Savoie Mont Blanc vont tenter, comme à Noël et au Nouvel An, de rivaliser d’imagination pour leur faire découvrir un autre visage de l’expérience Montagne ».