La télé suisse fait son come-back en France

Les foyers chablaisiens ne reçoivent plus la RTS depuis le mois de juin dernier.
Les foyers chablaisiens ne reçoivent plus la RTS depuis le mois de juin dernier.

On le savait en bonne voie, le retour de la télé suisse est désormais acté. L’organe de gouvernance de l’instance transfrontalière du Grand Genève, le GLCT, s’est officiellement porté garant du financement de la diffusion des programmes publics helvètes.

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Qui paye quoi ?

Les départements de Haute-Savoie et de l’Ain, le Pôle Métropolitain ainsi que les cantons de Genève et de Vaud auront à charge de régler la note pendant une durée de trois années. Soit un coût total d’environ 95 000 francs suisses (86 000 euros) par an répartis entre les différentes collectivités. « On a calqué l’actuelle clé de répartition du budget du GLCT. On doit être aux environs de 15 000 francs pour le Pôle Métropolitain, 15 000 également pour les deux départements », décrypte Gabriel Doublet, maire de Saint-Cergues, qui a suivi de près le dossier RTS. De quoi garder actives les antennes de la Dôle et du Salève, destinées initialement à être démontées et qui permettront la diffusion des programmes.

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Pour quand est prévu le retour ?

Il devrait s’effectuer « très rapidement », annonce Gabriel Doublet. « Il nous faut agir vite. Nous avions prévu un retour pour le mois de décembre », poursuit le membre du GLCT.

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Quels programmes seront diffusés ?

L’ensemble des émissions retransmises sur les chaînes de la RTS, des matches de football aux films en passant par les débats télévisés ou encore les JT.

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Que se passera-t-il après trois ans ?

Le financement du Grand Genève prenant fin d’ici trois ans, comme stipulé précédemment, les acteurs locaux auront pour tâche de réfléchir, dès à présent, à une solution alternative. « Il va falloir trouver un partenaire privé. Engager toute une réflexion autour de l’audiovisuel, public et privé. On sait par exemple que TV8 Mont-Blanc s’est manifesté pour éventuellement reprendre des programmes de la RTS » a ainsi dévoilé Gabriel Doublet.

En attendant le prochain combat, il faudra se contenter d’une première victoire.

Des élus sceptiques

Si la proposition du Grand Genève a été approuvée à la quasi-unanimité des élus présents, cette délibération aura accouché dans la douleur. « Ça n’a pas été si facile que ça de convaincre les élus, reconnaît Gabriel Doublet. Plusieurs d’entre eux, notamment côté français, ont été sceptiques et ne comprenaient pas pourquoi c’était à eux que revenaient de payer le maintien de la RTS. Les Suisses ont, au contraire, approuvé l’idée. »

A savoir

Depuis le 3 juin 2019, les Chablaisiens, tout comme l’ensemble des Français vivant à proximité de la frontière, ne reçoivent plus les chaînes de la Radio Télévision Suisse (RTS).

Un arrêt de diffusion qui est la conséquence d’une décision entérinée par le Conseil fédéral le 29 août 2018. Nos voisins ont ainsi décidé de mettre fin au relais des programmes via la TNT, pour des raisons budgétaires. L’arrêt de la TNT étant censé permettre à la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR) de réaliser des économies annuelles de 10 millions de francs à partir de 2020.

Une prise de position légitimée par le fait qu’en Suisse, moins de 2 % des foyers seraient encore raccordés à la TNT.