Bernard Vuaillat : «L’OAP, c’est une chance pour cet espace»

Bernard Vuaillat, maire de Chézery.
Bernard Vuaillat, maire de Chézery.

Le maire, Bernard Vuaillat, le confirme : le site de l’ancienne abbaye, aujourd’hui OAP du Moulin Coquet, est un terrain privé : libre au propriétaire d’en faire ce qu’il veut dans la limite, bien sûr, des prescriptions du PLUiH. Pour lui, c’est clair, les terrains concernés sont vides de vestiges.

« L’abbaye a été démolie à la Révolution, puis vendue à un carrier. Toutes les pierres réutilisables ont servi à construire les trois quarts du Chézery actuel, qui n’existait pas. On en trouve dans tous les hameaux de la commune. On en trouve aussi dans certains bâtiments et à la prison de Genève ! » Bref, les murs de l’abbaye se sont, au fil du temps, dispersés dans la vallée et bien au-delà.

Pour lui, les sites qui ont été classés en OAP à Chézery-Forens sont les seuls endroits où il reste du terrain constructible : il s’agit de la Diamanterie (privé), de La Vieille Cure (privé), Menthières (communal) et le Moulin Coquet, donc (privé).

« Nous avons publié les documents, lancé une enquête publique, personne n’est venu contredire les projets de classement… », signale le maire.

Pour Bernard Vuaillat, le classement en OAP est, a contrario de ce que certains peuvent proclamer, une chance : « Le cahier des charges est tel qu’un promoteur n’est pas près de s’engager ! Et des fouilles sont obligatoires avant tous travaux. »

Au Moulin Coquet, l’OAP concerne un espace de 6 300 m2, dont 5 100m2 sont destinés à l’habitat. Elle empiéterait, selon nos sources, sur un tiers de la zone potentiellement concernée par une possible sauvegarde archéologique.

Concrètement, dans l’OAP, il est prévu d’implanter au cœur de l’îlot (à l’arrière des bâtiments qui longent la route de l’Epéry) du petit collectif au maximum en R+1, puis, à l’est, une frange pavillonnaire. L’espace de 1 200 m2 environ, à l’arrière de la mairie et du cimetière actuel, est préservé, tant pour l’extension possible de ce dernier que pour la création d’un parc public. A noter que les arbres existants (il y a toujours eu des fruitiers en ces lieux) seront préservés au mieux, en considération de leur état sanitaire. Une desserte principale est prévue depuis la rue de la Ménagerie.

Selon les documents d’urbanisme, l’OAP du Moulin Coquet « a pour but de permettre l’aménagement de ce secteur de manière à garantir une insertion architecturale et paysagère des nouvelles constructions, tout en garantissant une certaine densité urbaine ». Au total, ce sont 15 logements qui pourront être construits, incluant 25 % de logements sociaux. L’architecture devra être adaptée à l’environnement, les bâtiments devront être performants énergétiquement, la transition zone urbaine/campagne/espaces naturels assurée par la création de haies vives favorables aux déplacements des espèces et à la biodiversité.

Mais bon ; a priori, ce n’est pas pour demain…