Divonne-les-Bains : condamné pour des menaces de mort sur des élus et salariés de la commune

L’homme a été condamné à six mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans.
L’homme a été condamné à six mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans.

Neuf personnes ont porté plainte et se sont portées parte civile : l’ancien maire Etienne Blanc, aujourd’hui sénateur du Rhône, le maire actuel Vincent Scatollin, un adjoint et six autres personnes la plupart responsables administratifs ou techniques à la mairie. Le prévenu qui avait déjà fait l’objet d’un rappel à la loi pour de tels faits a récidivé avec des menaces très explicites du style : «  J’ai fait l’armée, je sais me servir d’une arme  » ou encore : « J e cherche un centre de tir dans le Pays de Gex ». De quoi inquiéter vivement les personnes nommément citées sur le compte et fortement injuriées.

« On m’a enlevé mon travail »

A l’origine de cette affaire, dit-il, un conflit avec un nouveau chef alors qu’il avait été nommé adjoint de service deux ans après sa titularisation en 2016. Fragile psychologiquement, il est en arrêt maladie depuis août 2018 et dit avoir douloureusement vécu cette situation : «  On m’a enlevé mon travail, ça m’a désarçonné. Quand j’ai été insulté j’ai perdu pied, mon amour-propre en a pris un coup  .» Il estime qu’il a fait l’objet d’un dénigrement.

La juge Ophélie Martin le recadre et lui rappelle que l’objet de cette audience n’était pas de faire le procès de la Ville de Divonne, mais que c’est lui qui comparaît devant le tribunal.

Alcool et état dépressif

Il avoue qu’il a été trop loin. Fait valoir que son travail, c’était toute sa vie. Aujourd’hui encore quand il voit des travaux qu’il estime mal faits en ville, ça le désole.

La juge s’inquiète sur sa santé. Il estime qu’il a effectivement besoin de soins pour son addictologie à l’alcool et ne nie pas vivre un état dépressif. Il pense d’ailleurs quitter Divonne dès que possible pour sa santé mentale et aussi parce que la vie y est trop chère.

A la barre, sa fragilité psychologique n’échappe pas au tribunal qui l’interroge sur l’opportunité de suivre des soins notamment pour son addiction et ça lui serait profitable : «  C’est vrai à chaque fois que j’ai posté ces messages, j’étais alcoolisé ».

Le tribunal l’a condamné à six mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans. Il devra aussi s’acquitter d’une amende 500€ pour délit d’outrage à une personne chargée de service public. Il devra en outre verser à chacun des neuf plaignants la somme de 300€ pour leur préjudice moral et une somme globale de 750€ pour les frais de justice.