Lausanne : zoom sur 8 innovations issues des laboratoires de l’EPFL

L’EPFL est la 18e meilleure université du monde.
L’EPFL est la 18e meilleure université du monde. - Photo Jamani Caillet_EPFL

1 - Un robot nettoyeur de l’espace

Du petit écrou à l’étage de fusée, 23 000 débris en orbite menacent engins habités et satellites opérationnels. Dérivé (spin-off) de l’EPFL, ClearSpace SA a conçu un robot à quatre bras articulés, dont l’objectif est la dépollution de l’espace, un marché d’avenir. « Notre start-up construit la technologie qui permettra de prélever les débris durablement et en toute sécurité », précise Muriel Richard-Noca, sa cofondatrice et ingénieure en chef. Budget : 100 millions d’euros. Première mission prévue en 2025 et lancement depuis Kourou, en Guyane.

Photo Jamani Caillet/EPFL

2 - L’agilité d’un rapace

Il s’inspire de l’autour des palombes, un épervier champion de la chasse en forêt. « Ce drone modifie la forme de son aile et de sa queue en plumes artificielles pour changer de direction plus rapidement, voler lentement sans tomber au sol et réduire la résistance de l’air lorsqu’il évolue vite », souligne Enrico Ajanic, doctorant du Laboratoire de systèmes intelligents. Sa dextérité et sa grande autonomie sont un atout, notamment pour le secteur de la sécurité civile car il peut survoler longtemps des terrains très accidentés.

Photo Alain Herzog/EPFL

3 - Des armes anti-Covid

Deux innovations en cours de développement aident à lutter contre la pandémie. La première, Coughvid, disponible prochainement, est une application qu’il suffira de télécharger pour savoir si on est positif en enregistrant sa toux dans son téléphone. Résultat instantané. « Nous voulons proposer un dépistage à grande échelle, pratique et fiable, explique le professeur David Atienza. L’analyse du bruit de la toux a déjà fait ses preuves pour diagnostiquer la coqueluche ou la pneumonie. »

Photo Coughvid

La seconde, élaborée par la start-up Swoxid, est un masque de protection créé à partir d’une membrane à base de fibres d’oxyde de titane. Elle retient virus et microbes et les détruit sous l’action de la lumière. Avantage : une réutilisation possible… jusqu’à 1000 fois !

Photo Swoxid SA

4 - Les femmes lui disent merci

Révolutionnaire, ce soutien-gorge intelligent ! Mis au point par des étudiants et développé par IcosaMed, le Smartbra doté de capteurs et d’ultrasons, est destiné à détecter les cancers du sein à leurs stades les plus précoces, et particulièrement en cas de récidive. Cette méthode de suivi au quotidien, non invasive et indolore, est une première étape dans la production de sous-vêtements connectés destinés au monde médical. Commercialisation prévue en 2022.

Photo IcosaMed Sarl/EPFL

5 - Un clonage plus que parfait

Des intestins miniatures, non ce n’est pas de la science-fiction ! Conçus par des bio ingénieurs de l’EPFL, ces ʺorganoïdesʺ et leur technologie novatrice copient exactement les tissus humains grâce à l’utilisation de cellules souches « guidées ». Tests de médicaments, remplacement de parties lésées voire même culture de nouveaux organes… Un véritable exploit qui annonce aussi de grands bouleversements dans les transplantations.

Photo EPFL

6 - Des bancs high tech très écolos

Fini les chaises en vannerie, centenaires et très inconfortables, de la cathédrale Notre-Dame de Lausanne ! Le Canton de Vaud a fait appel au Laboratoire IBois de l’EPFL pour fabriquer 78 bancs (pour un total de 460 places) d’un nouveau type. Avec cette particularité : un assemblage innovant, sans colle ni vis, inspiré, entre autres, des maisons traditionnelles du Japon. Les chercheurs ont mis au point un système de joints en bois clipsables, directement intégrés lors de la découpe des panneaux, ce qui permet de monter, de démonter et de ranger très facilement à plat les bancs.

Photo Jamani Caillet - EPFL

Gain de place, optimisation des matériaux, origine durable du bois issu des forêts locales, découpe à commande numérique avec une précision de 0,1mm… « L’objectif est de démontrer qu’à l’heure actuelle, nous possédons des outils capables d’analyser et produire de manière efficace, avec une économie de temps et de moyens, des structures de bois inédites », explique Violaine Prévost. Inauguration de la cathédrale « new look » prévue à Pâques 2022 …

7 - Avec Muse, la voix du visiteur compte

Une appli ludique et créative, mise au point par le laboratoire de muséologie expérimentale de l’EPFL, à télécharger sur un iPad fourni par le musée…Voici une expérience d’un nouveau genre, qui va aider les institutions à adopter des approches centrées sur le public pour la conception d’expositions et de programmes futurs. Concrètement, l’appli permet d’éviter justement au visiteur de répondre à des enquêtes (domicile, âge, centres d’intérêt etc.) fastidieuses mais pourtant si précieuses pour les musées.

Photo Sarah Kenderdine

Au lieu de remplir ou de cocher bêtement des cases d’un formulaire, celui-ci pourra, en passant d’une salle, d’une oeuvre à l’autre, donner des réponses vocales, prendre des photos, dessiner, interagir avec des graphiques animés, écrire du texte etc. Cette médiation digitale, que les responsables pourront suivre en temps réel, offre plusieurs avantages pour les lieux culturels : se passer de rapports, souvent onéreux, de consultants ; rectifier des problèmes de circulation ; explorer certaines questions qui répondent à leurs besoins précis etc. Muse, en cours de développement auprès de huit musées suisses et qui suscite déjà l’intérêt dans le monde entier, compte bien devenir un partenaire incontournable.

Commercialisation prévue en 2023.

L’EPFL, c’est quoi ?

Fondée en 1969, l’EPFL, dont le budget annuel est d’un milliard de francs, a l’audace de la jeunesse.

Rien qu’en 2020, l’école, qui crée deux start-up par mois, a levé près de 300 millions d’euros auprès d’investisseurs locaux et internationaux. Quel succès !