(PHOTOS) Chambéry: rencontre avec le propriétaire du (mystérieux) château de Caramagne

« Les Chambériens eux-mêmes ne savent pas que ce château existe », regrette Annie, présente pour le festival Bel Air qui s’est tenu en septembre dans le Grand Salon de la bâtisse, là où s’est déroulée la signature du contrat de mariage du poète Alphonse de Lamartine le 25 mai 1820.

Discret tant par son architecture que par sa renommée, ce château situé sur les hauteurs de Chambéry, entre Les Hauts et Chantemerle, est la propriété depuis 20 ans d’Alain Chapuis. Ce Grenoblois d’origine, féru d’art en général, a choisi d’ouvrir son habitation à des résidences d’artistes plusieurs fois par an et par la même occasion au public et aux habitants. « Seul le Grand Salon avec son plafond en stuc peut être visité, le reste des appartements est privé. Je veux participer à la vie culturelle de la ville en ouvrant cette culture vers l’extérieur. Pour la musique, c’est un endroit idéal, l’acoustique est remarquable », assure le chatelain.

Cet ancien homme d’affaires basé à Paris où il vit toujours en partie a eu une vie professionnelle très riche, rythmée par les voyages et l’esprit d’entreprise. « J’ai fait mon service militaire dans la coopération, j’ai donc passé deux ans à Montréal ». Après des études d’ingénieur à Paris, Alain Chapuis se tourne vers la gestion des affaires. Il aura par exemple soufflé à l’oreille du gouvernement algérien ses conseils en ce qui concerne l’industrie avant de passer directeur financier dans le groupe automobile Renault. « J’ai beaucoup voyagé en Afrique de l’Est, en Égypte, en Inde, en Chine ».

« Je voulais voir Belledonne depuis chez moi »

Mais ce Dauphinois et sa femme originaire d’Aix-les-Bains ressentent l’envie d’avoir une seconde résidence dans la région qu’ils aiment tant. « On a d’abord cherché du côté du Grésivaudan mais on n’a pas trouvé ce qu’on voulait. Comme ma femme est aixoise, on a élargi la zone et on est tombé sur ce château qui était inhabité depuis longtemps ».

L’histoire de ce lieu emblématique, dont la dernière occupante fut la Comtesse Martin Franklin, a séduit Alain Chapuis mais c’est surtout la vue qu’offrait le domaine de Caramagne qui a poussé le couple à acquérir la bâtisse. « Je voulais voir Belledonne depuis chez moi », sourit Alain Chapuis.

Et depuis 20 ans, l’amateur d’art s’échappe du tumulte parisien dès qu’il le peut pour le week-end. « Nous sommes à la campagne en pleine ville. On a tout retapé ici, on a gardé la table de l’époque qui appartenait à Lamartine », indique-t-il lors d’une visite au cœur du terrain de 4 hectares. Devant le château de Caramagne et ses colonnes en marbre se trouve une chapelle, elle aussi retapée. « C’est la chapelle dans laquelle je me suis marié. Je suis très attaché à ce lieu sinon ca ne vaudrait pas le coup ».