Pays bellegardien : les laboratoires d’analyses biologiques seront-ils poussés à réduire leurs services ?

La grève s’est déroulée du lundi 23 septembre au 1er octobre, avec la fermeture du laboratoire tous les après-midi.
La grève s’est déroulée du lundi 23 septembre au 1er octobre, avec la fermeture du laboratoire tous les après-midi.

Grosse émotion, lundi 23 septembre, pour les usagers du laboratoire d’analyses biologiques de Bellegarde, venus au 86, rue de la République pour un prélèvement : sur la porte, des affiches annonçant la grève de l’établissement pendant une semaine, la fermeture du labo les après-midi ; à l’intérieur, une pétition dénonçant les mesures du gouvernement visant à réduire encore la marche financière des labos, mesures pouvant pousser certains à réduire leur amplitude de service, d’autres carrément à fermer boutique !

Inquiétudes

Tout de suite, la pression monte chez les quelque 200 patients qui, chaque jour, viennent effectuer des prélèvements dans le laboratoire de Bellegarde, mais également chez ceux qui se rendent au labo de Gex ou de Saint-Genis, concernés de la même manière : faudra-t-il à l’avenir avoir des kilomètres à faire pour une prise de sang, geste quasiment hebdomadaire, voire plus, pour certaines pathologies ?

L’idée fait bondir les usagers (lire ci-dessous). Que se passe-t-il donc pour que les labos de toute la France (le mouvement était national) se mettent tous en grève en même temps ?

Une histoire d’argent

Nathalie Thérin, biologiste à Bellegarde, donne ses explications : « Le gouvernement, le ministère de la Santé, la Sécurité sociale envisagent, ce qu’on appelle dans notre jargon, une baisse de nomenclature. En clair, une baisse des tarifs – fixés par l’Etat selon une grille précise – des multiples types d’analyses que nous pratiquons au quotidien. Cela soi-disant pour réaliser des économies, qui contribueraient pour 9 % à la baisse des dépenses de santé… alors que les labos ne représentent que 1,8 % desdites dépenses !  »

Un effort insoutenable pour Nathalie Thérin, comme pour son époux, qui dirige le labo de Saint-Genis-Pouilly, et tous les labos de France, « qui sont soumis depuis 10 ans à une pression continuelle de l’Etat. »

« Nous avons dû nous réorganiser, précise Nathalie Thérin. Plus question pour les labos indépendants ou associés de renouveler chacun leur matériel, leurs robots, d’effectuer eux-mêmes, dans leurs murs, leurs analyses, ça coûte trop cher !  » Chez Mirialis, 25 labos regroupés envoient leurs prélèvements sur un énorme plateau technique commun, à Cluses, où les analyses sont effectuées, cela pour absorber les baisses tarifaires. « Cela alors qu’on a de plus en plus de normes strictes de qualité à respecter, chaque analyse devant être accréditée par des organismes de contrôle !  »

Le phénomène des regroupements s’est lancé depuis des années déjà. Ceux qui sont passés à travers ont souvent dû fermer, comme ce fut le cas à Grenoble notamment. « Si on nous pousse à faire des économies supplémentaires, d’autres fermeront !  », alerte Nathalie Thérin.

Si ce n’est pas le cas à Bellegarde, Saint-Genis ou Gex, ces sites pourront connaître la réduction de leur amplitude horaire pour ne plus ouvrir, comme ce fut le cas pendant la grève, que le matin…

GILLES MOINE