Annecy: après 40 ans d’existence, SOS Amitié reste toujours à l’écoute

Annecy: après 40 ans d’existence, SOS Amitié reste toujours à l’écoute

Lorsqu’on vous dit SOS Amitié, vous pensez à quoi ? Au « Père Noël est une ordure  » bien sûr. Pourtant, en réalité, l’association est bien loin de la représentation qu’en fait le film. « Une personne a voulu devenir bénévole car elle pensait qu’elle pourrait tricoter durant ses présences » rigole Marie-Pierre Givelet, présidente de l’antenne à Annecy depuis trois ans.

Installée en février 1979 sur le bassin, SOS Amitié avait pour vocation initiale de venir en aide aux personnes suicidaires. « Les suicides représentent 3 % de nos appels, alors avec le temps, on s’est ouverts à toute sorte d’appels » confie-t-elle.

Une oreille attentive par téléphone

Et ces appels peuvent être très variés : cela peut aller de la personne qui ressent de la solitude, sans famille et qui a besoin de parler, aux personnes en souffrance psychique comme les bipolaires ou les schizophrènes, en passant par les alcooliques ou les drogués. « Le point commun à tous ces appels, c’est que nous ne donnons jamais de conseils. Nous nous montrons empathiques, à l’écoute, mais retournons les questions pour que les appelants trouvent la solution par eux-mêmes » explique la présidente. « Nous sommes là pour les écouter, pas pour agir à leur place ».

L’année dernière, les 34 écoutants de SOS Amitié ont reçu au total environ 8 800 appels. « On peut avoir de tout, certains nous lisent des poèmes, parfois c’est juste pour nous dire bonjour, et on a même un appelant régulier qui nous chante du Eddy Mitchell » sourit Marie-Pierre. Mais dans sa carrière, elle a aussi fait face à des cas plus graves, dont trois personnes qui voulaient chacune mettre fin à leurs jours. « Heureusement, à chaque fois, il s’agissait d’un dernier appel au secours, elles ont donc accepté de l’aide et ont été sauvées ».

De plus en plus de jeunes concernés

Ces dernières années, SOS Amitié a vu sa manière de travailler évoluer. Si une majorité des appelants ont entre 30 et 65 ans, il y a tout de même une petite partie qui est très jeune. « On va avoir des personnes qui ont une vingtaine d’années, mais parfois il s’agit d’adolescents, de 12 ou 13 ans, qui font face à des problèmes de viol, d’inceste ou encore de harcèlement, sans savoir vers qui se tourner » précise la présidente.

Ces jeunes ne contactent pourtant pas l’association de manière traditionnelle, par téléphone, mais grâce à un service de chat et messagerie en ligne. « On essaye de s’adapter à cette nouvelle génération hyperconnectée, qui a plus de facilité à écrire sur internet qu’à parler de vive voix ».

Et malgré quelques appels déplacés, Marie-Pierre Givelet reste toujours autant investie pour l’association. « Quand une personne nous rappelle pour nous remercier, c’est la plus belle des récompenses ».

Pour contacter SOS Amitié, composez le 04.50.27.70.70.