Michel Charrat : « La Suisse n’est pas un Eldorado »

Michel Charrat : « La Suisse n’est pas un Eldorado »

Quel est votre regard sur l’augmentation constante des travailleurs frontaliers ?

Il y a toujours eu un engouement pour la Suisse, mais ce n’est pas un Eldorado. On a toujours livré des messages comme quoi il suffisait de passer la frontière pour gagner 3 à 4 fois plus. Mais ce n’est pas le cas.

Quels sont les points négatifs du travail frontalier ?

On oublie bien souvent que la retraite vient plus tard, que les heures de travail sont plus nombreuses, qu’il y a moins de vacances. Il y a les problèmes liés à la mobilité, bien qu’il y ait désormais le Léman Express, les problèmes sont toujours là. Quand vous passez deux heures dans votre voiture tous les jours, ce n’est pas forcément enthousiasmant d’aller travailler de l’autre côté de la frontière.

Les licenciements sont plus faciles à mettre en œuvre en Suisse. Avez-vous eu des témoignages en ce sens au sein des adhérents du GTE ?

Bien sûr, en Suisse même si vous êtes en haut de la hiérarchie, si vous ne plaisez plus, on peut vous demander de faire vos valises dans la journée et vous n’aurez même plus le droit de revenir au bureau pour dire au revoir à vos collègues. La plupart du temps ça se passe comme ça, c’est leur façon de fonctionner.

+52% de frontaliers en 10 ans

Le nombre de travailleurs frontaliers ne cesse d’augmenter. Fin 2020, 92 511 frontaliers étrangers travaillaient dans le canton de Genève. Cette augmentation se fait particulièrement sentir dans les secteurs de la construction et de la santé. Cependant, du fait de la pandémie de Covid 19, l’augmentation entre 2019 et 2020 est de seulement 0,5 %, la plus faible depuis 1998. Ces dix dernières années le nombre de frontaliers a augmenté de 52 %.