Pays de Gex: nouveau cas de conduite dangereuse de la part d’un bus scolaire

La zone est ici limitée à 30km/h.
La zone est ici limitée à 30km/h.

Les faits se sont produits le 29 novembre, à 18 h 20. Romain* roule alors à vélo du côté de la sortie de Sergy, en venant de Saint-Genis-Pouilly, sur la RD89A, au moment où il se fait dangereusement doubler par un bus. « Ma vitesse était enregistrée par mon GPS : au moment du dépassement je roulais à environ 35km/h. Pour un tel dépassement on doit pouvoir estimer le différentiel de vitesse à environ 20km/h, ce qui donne une vitesse de 55km/h pour le bus, dans une zone 30, dans un village, juste avant un virage à 90 degrés… » témoigne-t-il.

Des « mises en danger répétées »

Romain*, depuis plusieurs années, effectue ses déplacements à vélo. C’est devenu son mode de transport principal. Il raconte avoir pris, depuis deux ans, l’habitude de «  filmer tous mes déplacements à la suite de mises en danger répétées (bus ou voitures). J’utilise une caméra fixée sur mon guidon. » Sur la vidéo enregistrée, effectivement, on voit, malgré qu’il fasse nuit, un bus se déporter largement sur la voie de gauche, en franchissant une ligne continue, juste avant un virage, dans une zone 30 (le panneau apparaît dans les images).

VOIR LA VIDEO ICI

Le cycliste est formel, il s’agit d’une ligne de bus scolaires gérée par les Transports de l’Ain. « Le nom du transporteur est écrit sur le véhicule, donc l’identification est facile », indique le témoin du comportement à risques. Un panneau de signalisation indiquant le transport d’enfants est visible à l’arrière du véhicule.

La faute au peu de pistes cyclables ?

« C’est bien un de nos cars, assure Thomas Wehrlin, directeur adjoint des agences des Transports de l’Ain du Pays de Gex, qui a eu connaissance de la vidéo. Le conducteur n’aurait pas dû doubler à cet endroit-là mais on voit bien qu’il n’y a personne qui vient en face. On ne voit pas ce qui se passe avant non plus… En plus, il n’est pas non plus très près du cycliste, on peut dire qu’il respecte les distances de sécurité, même si, encore une fois, il n’avait pas à doubler ici. Ce qu’on peut dire à ce sujet, c’est ça serait bien qu’on développe un peu plus les pistes cyclables dans le Pays de Gex. »

Mais le véritable problème n’est-il pas le non-respect du code de la route par un chauffeur professionnel, habilité à transporter des citoyens, qui plus est, des enfants ?

Dans l’attente…

Romain*, de lui-même et au moment des faits (en novembre, donc), avait tenté d’interpeller la compagnie de transports, ainsi que la gendarmerie et le département à l’aide des réseaux sociaux, sans succès. Il raconte avoir finalement réussi à entrer en contact avec Les Transports de l’Ain le 2 janvier : « Je leur ai précisé l’heure à laquelle cela s’est produit afin qu’ils puissent «identifier le conducteur». Je n’ai pas de nouvelles depuis. »

*le prénom a été changé

Un cas qui n’est pas isolé?

En septembre dernier, à Saint-Jean-de-Gonville, la rentrée scolaire n’avait pas été toute calme… Lundi 2 septembre, jour de rentrée des sixièmes, le bus scolaire est arrivée en retard. Le retard n’a pas été le seul incident ce jour-là. Un parent racontait : « En manœuvrant, il heurte un abri bus, casse une fenêtre et bloque la porte de sortie. »

A la fin du mois de septembre, c’est à Echenevex que des soucis voient le jour. Selon une maman, sur le trajet reliant le village aux collèges Georges Charpak et Jeanne d’Arc de Gex, « le conducteur du bus scolaire, après s’être trompé d’itinéraire, a circulé sous un pont près du lieu-dit La Table Ronde dont la hauteur, signalée à l’entrée, ne lui permettait pas de passer. Il s’est néanmoins engagé sous celui-ci, arrachant des parties du toit de son véhicule. Malgré les cris des enfants, l’odeur de brûlé et les débris au sol, le conducteur a poursuivi sa route sans vérifier si un passager était blessé et sans prendre la mesure des dégâts. Alors qu’il s’apprêtait encore à tourner dans la mauvaise direction, les enfants lui ont fait remarquer qu’il avait oublié l’arrêt Mury. Le chauffeur a alors fait demi-tour vers Echenevex. Une enfant blessée à l’œil est descendue à cet arrêt sans que le conducteur l’en empêche ou s’inquiète de son état. Les enfants sont arrivés paniqués à leurs collèges respectifs. »

Le département a alors répondu : « Le 30 septembre, le conducteur du car n’a pas suivi la route habituelle du circuit et a franchi le pont sous la RD984C malgré l’indication de hauteur portée sur la signalisation routière. Les trappes de secours situées sur le toit du véhicule ont été arrachées, ce qui a impressionné les élèves par le bruit important et quelques éclats de matériaux plastiques à l’intérieur du véhicule. Contrairement à ce qui a pu être dit ou écrit, le car s’est engagé à allure réduite sous le pont et il n’y a pas eu de verre projeté. »