Marie Perarnau : la parentalité comme moteur

Marie Perarnau est chroniqueuse de l’émission «La Maison des maternelles», désormais sur France 2.
Marie Perarnau est chroniqueuse de l’émission «La Maison des maternelles», désormais sur France 2. - Nathalie Guyon

Marie, quel a été votre parcours, vos études, votre famille et puis votre installation en Savoie ?

Je suis née et j’ai vécu à Metz durant 20 ans. J’ai suivi des études en maîtrise d’histoire contemporaine, puis une licence à Sciences Po Paris et un DESS en écriture de films documentaires. Après avoir travaillé pendant un an pour une chaîne de voyage, j’ai passé le concours de professeur des écoles. Je suis aujourd’hui professeur des écoles, en disponibilité pour raison de « trop d’enfants ». Mes « nains » ont 9, 11, 13 et 15 ans. Mon conjoint travaille dans l’Education nationale, nous le suivons au gré des mutations, avec toujours la montagne en ligne de mire : Thonon-les-Bains, Grenoble et aujourd’hui Ugine.

La Maison des Maternelles, c’est arrivé comment ?

En 2010, j’ai créé le blog « Les mamans testent » (www.mamanstestent.com), sur la maternité et la parentalité. C’est aussi une vitrine pour faire des piges. J’avais également présenté le casting de La Maison des Maternelles, mais cela n’a pas marché. On m’a rappelé 6 ans après, car ils recherchaient une « maman normale », avec une famille nombreuse et une grosse communauté. J’ai commencé par relayer les messages des téléspectateurs sur les réseaux, avant de devenir chroniqueuse.

Comment voyez-vous votre chronique ?

L’émission a migré de France 5 à France 2 (et France TV), avec un format réduit. Depuis janvier, mon rythme a changé, je suis à Paris deux jours par semaine pour les tournages. Je souhaite conserver l’objectif de conseil et de prescription sans être dans l’injonction. Je porte aussi un travail de déculpabilisation des parents, avec le message suivant : « On fait comme on peut ». Pour ma chronique, le SAV des parents, des sujets sont tournés dans des familles, d’autres en plateau. Les thématiques sont variées : comment cuisiner avec ses enfants, décrypter un rituel du coucher…

Quels sont vos projets ?

Je suis en train d’écrire un livre, avec une sortie prévue pour 2023. C’est un peu comme un recueil de phrases, un accompagnement amical que j’aurais aimé entendre en tant que parent. Par exemple : fais-toi confiance, couche-toi tôt, arrête de compter tout ce que tu fais quand tu es en couple… J’aimerais aussi faire des vidéos sur les réseaux pour le choix de la poussette ou de la turbulette. Pourquoi pas envisager un développement sur Tik Tok afin de toucher les jeunes parents ? Mais, je veille à ne pas faire beaucoup de sujets sponsorisés, car je ne suis pas une influenceuse (rires).

J’aimerais aussi organiser des raids sportifs, pour les jeunes mamans, histoire de se retrouver pendant deux, trois jours et de se dépasser entre femmes. C’est dans la continuité de ma participation à plusieurs treks et raids solidaires au profit d’associations, comme le trek des Gazelles et le Filand Trophy.

Marie Perarnau lors du trek des Gazelles.
Marie Perarnau lors du trek des Gazelles.

Marie, un conseil pour les parents ?

Mon conseil serait de ne pas rester inactif. Nous sommes une famille « très outdoor ». Nous faisons plein de choses depuis que nous avons des enfants. Nous avons l’avantage d’être dans une région touristique. En Savoie Mont-Blanc beaucoup d’activités sont possibles : la montagne, les lacs, les musées, les châteaux…

Partir en voyage avec ses enfants, c’est aussi une expérience enrichissante. On n’est pas obligé de partir hyper loin, cela permet de se découvrir différemment. 

Une famille avec 4 enfants, c’est compliqué ?

Nous sommes deux parents. Cela va beaucoup mieux depuis que nos enfants sont plus autonomes. On a passé le tunnel du 0-5 ans. À partir du moment où ils savent lire, il y a une tranquillité de vie. Plus ils grandissent, plus ils deviennent débrouillards. On a moins de soucis logistiques, après c’est d’autres choses : des problèmes de copains, de harcèlement à l’école… Et puis, on a moins de problème de sommeil, on est moins fatigué en tant qu’humain. C’est plus simple de tout mener de front. Vivre à Ugine, c’est aussi facile. Ils peuvent faire plein de choses seuls, car tout est à côté : le collège, le sport, le cinéma… Mon conjoint est au-delà de l’investissement. Je n’aurais pas pu travailler s’il ne s’était pas occupé des enfants. C’est lourd pour lui, car je suis à plus de 600 km deux jours par semaine. Je n’aime pas dire que j’ai de la chance, cela devrait être comme cela pour tout le monde. Mais il y a toujours le poids de la société. C’est la première génération qui s’investit d’une manière normale. Il en rigole en disant : « Je suis né à la mauvaise époque, nos pères étaient bien plus tranquilles ! »