Trois semaines après son agression en prison, Yvan Colonna, l’indépendantiste corse, est mort

L’indépendantiste corse, Yvan Colonna, est mort à l’hôpital de Marseille, lundi 21 mars 2022.
L’indépendantiste corse, Yvan Colonna, est mort à l’hôpital de Marseille, lundi 21 mars 2022. - Copie d’écran Google Maps

« La famille d’Yvan Colonna confirme son décès ce soir à l’hôpital de Marseille. Elle demande que son deuil soit respecté et ne fera aucun commentaire », a annoncé, hier lundi 21 mars 2022, Patrice Spinosi, l’avocat de la famille.

Yvan Colonna avait été hospitalisé il y a 19 jours, entre la vie et la mort, après avoir été victime, le 2 mars 2022, d’une strangulation à mains nues suivie d’un étouffement. Il a été agressé par un codétenu, Franck Elong Abé, Camerounais de 35 ans. « Cet homme, âgé de 35 ans, avait alors été placé en détention provisoire. Franck Elong Abe purgeait plusieurs peines dont une de neuf ans pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme ». Il avait expliqué son acte lors de sa garde à vue « par ce qu’il considérait comme des blasphèmes » proférés ces derniers mois par Yvan Colonna, avait expliqué le procureur de la République antiterroriste, Jean-François Ricard », relate France Info.

Le 3 mars 2022, le parquet national antiterroriste avait ouvert une enquête, à l’encontre de ce détenu qui purgeait plusieurs peines, dont 9 ans pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme.

Une agression qui a réveillé le ressentiment du peuple corse

Durant ces 19 jours d’hospitalisation, la situation de la figure de l’indépendantisme corse a soulevé nombre de manifestations dans toute l’île. Parfois très violentes, comme celle du 13 mars à Bastia où plus d’une centaine de blessés avait été à déplorer, ces mouvements, s’ils avaient évidemment vocation à soutenir Yvan Colonna, étaient là pour revendiquer une nouvelle fois l’autonomie de l’île. À l’appui des élus nationalistes, mais aussi d’une nouvelle génération fortement porteuse de cette volonté.

Un premier pas vers l’autonomie de la Corse ?

Une flambée d’actions que le gouvernement français a prise en compte rapidement. Avec la rencontre entre Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur et les élus de l’île la semaine dernière, prévoyant dès avril « Un premier cycle de réunion débutera en avril sur « l’ensemble des problématiques corses, parmi lesquelles figure l’évolution institutionnelle vers un statut d’autonomie qui reste à préciser », avait expliqué sur franceinfo le président du Conseil exécutif corse Gilles Simeoni à l’issue de cette visite ministérielle », a signalé France Info.