Steven Rouche: «J’ai témoigné d’un dédain de la mairie comme je n’en ai jamais rencontré ailleurs»

Steven Rouche était secrétaire des Vitrines d’Annecy depuis deux ans, mais il quitte l’association au 1er avril.
Steven Rouche était secrétaire des Vitrines d’Annecy depuis deux ans, mais il quitte l’association au 1er avril.

Si des difficultés touchent les commerçants, un certain ras-le-bol s’est installé au sein de l’association les Vitrines d’Annecy. Le secrétaire, Steven Rouche, a annoncé sa démission effective au 1er avril. « Commerçant et ancien directeur de CCI à l’international, j’ai souhaité mettre mon expérience au service du collectif de commerçants, explique-t-il. Mais j’ai pu témoigner d’un dédain de la mairie d’Annecy comme je n’en ai jamais rencontré ailleurs. »

Il déplore le fait que « François Astorg ne répond à aucune de nos sollicitations », ce que le maire d’Annecy conteste. « J’ai rencontré au moins quatre fois les Vitrines. Je ne comprends pas qu’on dit qu’on ne peut pas me voir. Je regrette ce sentiment qu’il n’y ait pas d’accessibilité. J’entends l’alerte et je renouvelle mon soutien aux commerçants. S’ils veulent me voir, je les reçois très volontiers. »

Pas de consultation

Le secrétaire des Vitrines déplore aussi un manque de concertation sur les décisions municipales qui peuvent avoir un impact sur les boutiques, comme l’urbanisme. Il reproche à la mairie d’opposer souvent « de manière contre-productive » écologie et économie locale.

« Ils avaient par exemple rendu impossible le tourne-à-gauche rue du Lac et ça a généré beaucoup de tensions. Idem pour les pistes cyclables, il n’y a pas de contournement pour les voitures. On a une agressivité des gens en permanence, et ça ne vise pas un bien-être dans le centre-ville. »

Là encore, François Astorg dément un manque de concertation. « On a écouté les commerçants, le tourne-à-gauche, on l’a remis, indique-t-il. Pour le pont Albert-Lebrun, il y a une configuration provisoire des circulations qu’on avait présentée aux commerçants et aux Vitrines. Quand on entrera sur la configuration de la Poche du Lac, on le fera en concertation aussi. »

Un problème de budget

Enfin, Steven Rouche dénonce un « effectif maximum des ASVP et minimum de la police municipale ». En conséquence  : « la clientèle délaisse un centre-ville jugé trop anxiogène. Cela n’aide en rien une économie locale déjà fragile, dont le budget est le plus petit de la Ville avec 80 000 euros. » Ce chiffre se retrouve en effet dans le budget 2022 d’Annecy, dans les « Dépenses d’équipement par thématiques du projet de la Ville ». Les mobilités, en première place, bénéficient, elles, de 13,72 millions d’euros. « Il faut considérer le budget de fonctionnement et d’investissement. Je ne vois pas de quel chiffre ils parlent, avoue cependant François Astorg. La Ville investit 6,5 millions d’euros sur la Halle gourmande au Haras. On travaille aux subventions des commerces avec les Vitrines. La Ville est présente et accompagne ses commerçants. »

Pour Steven Rouche, « le seul moyen de faire entendre raison à la Ville ? C’est parler pistes cyclables et végétalisation. Comment appeler à des projets citoyens pour mieux se dédouaner de tout devoir régalien. » Il a finalement choisi de démissionner car « on ne peut pas avancer. Toute bonne volonté est vouée à l’échec ».