Une enquête pour violences volontaires en réunion ouverte après la mort de Jérémy Cohen

Homicide involontaire, violences volontaires en réunion, c’est désormais une double enquête travaille sur le décès de Jérémy Cohen, le 16 février 2022 à Bobigny.
Homicide involontaire, violences volontaires en réunion, c’est désormais une double enquête travaille sur le décès de Jérémy Cohen, le 16 février 2022 à Bobigny.

Les réseaux sociaux aggravent les chefs d’accusation

À Bobigny, le 16 février 2022, un jeune homme d’une trentaine d’années décède après avoir été percuté par un tramway. Le parquet avait alors ouvert une enquête pour homicide involontaire. Qu’il vient de compléter, a-t-il annoncé lundi 4 avril dans un communiqué, d’accusation de violences volontaires en réunion. « Rapidement, les éléments recueillis permettaient de comprendre que, quelques instants avant l’accident, la victime avait subi des violences. »

C’est notamment une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, qui a amené le parquet de Bobigny à prendre en compte « l’hypothèse que la victime ait traversé les voies pour échapper à ses agresseurs ». Les images montrent un homme, qui pourrait être Jérémy Cohen, agressé par un groupe de personnes et qui, tentant de leur échapper s’est fait écraser un tramway.

Les réactions soulèvent la question de l’acte antisémite

Alors que le parquet de Bobigny n’a fait aucune référence à la religion de la victime, les réactions que se sont multipliées, notamment celles de personnalités politiques, ont fait état d’un possible acte antisémite. Si Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot ont appelé à faire toute la lumière sur cette affaire, Marine Le Pen, elle, s’est interrogée sur ce qui « pourrait être un meurtre antisémite ». Et Eric Zémmour, qui a été appelé à l’aide par le père de Jérémy Cohen, s’est dit de son côté, révolté. « Est-il mort parce que juif ? Pourquoi cette affaire est-elle étouffée ? », peut-on lire sur son compte Twitter.

Pour la famille du jeune homme, qui est venue s’exprimer sur BFMTV, l’antisémitisme n’est pour l’heure pas évoqué. « Notre souci est de convaincre et d’avancer avec l’autorité judiciaire sans aucune récupération », a réagi sur BFMTV l’avocat de la famille, Franck Serfati. « La famille Cohen ne vient pas crier à l’antisémitisme, a-t-il ajouté. Ce serait dénaturer les faits et préjuger. Mais il ne faut pas exclure, à l’heure qu’il est, l’élément aggravant d’antisémitisme », indique-t-on sur France Info.

Ou encore lors de l’émission TPMP, sur C8 : « Laissons le temps à la justice et accordons aux magistrats instructeurs un temps raisonnable pour établir qui était présent et pour quelle raison Jérémy Cohen a été littéralement lynché, a déclaré Franck Serfati, l’avocat de la famille. Ce qu’on ne veut pas ce soir et demain, c’est qu’il y ait une récupération partisane à l’orée de deux grandes élections »

Le président Emmanuel Macron a, quant à lui, par l’intermédiaire de son cabinet qui a contacté le père et la mère de la victime, fait savoir, outre de leur transmettre un message de compassion : « que dans le respect de l’indépendance de la justice, tous les moyens d’enquête seront mis en œuvre pour identifier les auteurs de cette agression et faire toute la lumière sur cette affaire »

Pour le père, un jeune homme tranquille

«  «Mon fils était quelqu’un de brillant, il avait eu un bac S, il avait fait trois années de mathématiques et d’informatique appliquées à Jussieu et après il a été un peu déprimé, fatigué, il a pris un traitement qu’il fallait et là il était heureux de vivre, il était bien», a expliqué Gérard Cohen. «L’après-midi, il est allé se détendre, faire des courses, je ne sais pas», a-t-il poursuivi, précisant que son fils souffrait d’un «handicap léger, il avait du mal parfois à se concentrer, il marchait lentement, c’est quelqu’un qui était très doux, qui aimait rendre service aux autres, il avait bon cœur»  », a fait savoir Gérald Cohen, le père de la victime, lors de l’émission TPMP sur C8.