Annecy : un cabinet de massage au cœur d’une enquête pour prostitution

Les massages étaient pour le moins douteux. Un cabinet de massage d’Annecy a été la cible d’une enquête de gendarmerie qui a mené à la mise en examen début avril 2022 d’un dirigeant d’entreprise pour des faits de proxénétisme aggravé, exercice d’une activité dissimulée et blanchiment d’argent issu de la prostitution.

Les investigations ont démarré courant novembre 2021, lorsque les militaires de la communauté de brigades (COB) d’Annecy-Meythet ont été intrigués par l’activité douteuse gravitant autour de cet établissement, avec de nombreuses allées et venues par une entrée discrète. Elles ont permis d’établir que le cabinet proposait d’autres prestations que de simples massages, de nature sexuelle et relevant donc de la prostitution. Une activité qui a pris de l’importance au fil du temps.

Ces constatations ont entraîné l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet d’Annecy. Au fil des mois, les gendarmes – appuyés par les services spécialisés de la brigade départementale de renseignements et d’investigations judiciaires (BDRIJ) – ont accumulé les preuves de cette activité illégale et réalisé une enquête patrimoniale approfondie. Ces investigations ont abouti à l’interpellation simultanée de trois personnes mardi 5 avril sur deux sites, à Meythet (Annecy) et Aix-les-Bains.

Des biens immobiliers, de l’argent et des armes saisis

L’un des suspects est le dirigeant de la société, qui a donc été mis en examen et placé en détention provisoire au centre pénitentiaire d’Aiton. Les deux autres personnes en garde à vue sont deux femmes, qui feront l’objet d’une convocation ultérieure en vue d’une mise en examen pour travail dissimulé et proxénétisme. Les perquisitions ont permis de saisir 5 700 euros en espèces et 209 000 euros en assurance vie, émanant du business de la prostitution.

Une saisie en avoir criminel a également été opérée sur deux locaux commerciaux et une habitation implantés à Meythet (Annecy) et Aix-les-Bains, pour une somme totale estimée à 369 700 euros. Les enquêteurs ont aussi récupéré deux armes à feux, une arme d’épaule type fusil de chasse et un pistolet gomme cogne, avec une cinquantaine de munitions.

Plusieurs unités mobilisées

Cette opération judiciaire du 5 avril a mobilisé plus d’une vingtaine de gendarmes de la compagnie de gendarmerie d’Annecy, de le brigade de recherche (BR) d’Annecy, de la cellule d’appui judiciaire (CAJ) de Haute-Savoie, ainsi qu'une équipe du groupe d'investigations cynophile (GIC) de Bonneville.