Présidentielle 2022 : les réactions de Guy Larmanjat après le second tour

Ancien membre du PS (Parti socialiste), Guy Larmanjat, conseiller départemental du canton de Valserhône, est élu sur le territoire depuis 20 ans.
Ancien membre du PS (Parti socialiste), Guy Larmanjat, conseiller départemental du canton de Valserhône, est élu sur le territoire depuis 20 ans.

Guy Larmanjat est conseiller départemental du canton de Valserhône, élu avec sa colistière Anne-Laure Olliet, aux dernières élections, en 2021, sous la bannière «L’Ain pour tous, écologie et solidarité» (divers gauche). « Les analyses, menées sur le terrain, nous amènent à constater un vote par défaut, réagissait-il, dimanche 24 avril soir, à l’hôtel de ville de Bellegarde. Ces 15 derniers jours, nos concitoyens nous l’ont beaucoup dit, notamment dans le canton de Valserhône. Ils n’avaient pas le choix. C’était soit un refus de l’extrême droite, soit un refus de ce qui s’est passé, ces cinq dernières années. On espère, au niveau national, qu’Emmanuel Macron analyse tout cela et en tienne compte, dans les décisions qu’il va prendre, dans le comportement qu’il aura vis-à-vis des populations, dans le respect qu’il aura des différences. Il faut qu’il respecte celles et ceux qui envoient des signaux. Je pense au personnel hospitalier, aux Gilets jaunes… Il faut savoir entendre les gens et aussi être en capacité de leur amener un minimum de réponses. »

« Fracture géographique »

Le conseiller départemental évoque « une fracture géographique catastrophique » entre les communes urbaines et rurales. « Sans connaître précisément les différents résultats, on aura, en gros, 10 millions d’électeurs potentiels du monde rural, qui auront majoritairement voté Marine Le Pen. Et on aura 35 millions d’urbains ou de périurbains qui auront, très majoritairement, voté Emmanuel Macron. Cette fracture historique existait déjà. Dans la tête des gens, on avait déjà le fait que les villes dictaient la loi aux campagnes, depuis un certain nombre d’années. »

Dans le canton de Valserhône, Marine Le Pen est effectivement arrivée en tête dans 6 communes sur 12, notamment à Injoux-Génissiat, Billiat, Chanay, Confort, Plagne… Elle et Emmanuel Macron obtiennent chacun(e) 50 % des suffrages exprimés, à Champfromier et Montanges.

« Remettre du service public, au niveau des campagnes »

« Lorsque les gens des campagnes vont analyser les résultats, où Marine Le Pen est majoritaire, ils vont se dire qu’ils se sont fait voler leur vote par les villes, ajoute Guy Larmanjat. Il faut qu’on soit en capacité d’apporter des réponses. La première réponse, c’est déjà de remettre du service public, au niveau des campagnes : impôts, services postaux… Et du service au public. On pourrait parler de la désertification médicale, des commerces de proximité… »

Et d’axer ensuite sa réflexion sur l’Europe. « Emmanuel Macron porte beaucoup l’idée d’Europe. Il faut faire très attention. Il ne faut pas que trop d’Europe tue l’Europe. Il ne faut pas, qu’à un moment, nos concitoyens, et notamment, celles et ceux du monde rural, celles et ceux qui sont le plus en difficulté, aient l’impression que l’Europe va à l’encontre de leurs intérêts. Le président, en charge de l’Europe, doit faire en sorte que les gens voient de vrais résultats au niveau de l’Europe sociale, de l’Europe des concitoyens, en direction du travail de nos concitoyens. »

Unifier la gauche pour les législatives

S’agissant des prochaines élections législatives, Guy Larmanjat insiste sur « le respect des échéances », indiquant qu’une dissolution de l’Assemblée nationale, de la part du nouveau président de la République, serait « une grossière erreur, un non-respect de la démocratie, un calcul politique ». Le conseiller départemental souhaite que « sous l’égide de l’union populaire, de LFI (La France insoumise, Ndlr), les choses puissent s’organiser. Le fait de choisir, comme nom, l’union populaire, était une façon d’ouvrir la porte aux autres : Parti socialiste, EELV (Europe écologie les verts, Ndlr), tous les partis de gauche. Pour, enfin, sur notre circonscription, présenter une candidature unique de la gauche, qui a toutes les chances de pouvoir matcher […] Il y a, pour la gauche unie, un vrai potentiel, et surtout la possibilité de montrer un autre visage à nos concitoyens […] Les élections législatives doivent se jouer en local. On doit, dans chaque circonscription, proposer un projet qui corresponde à la circonscription et donc, à ses habitants ».