Le salon de coiffure de Chablais Insertion rouvre ses portes

Vanessa, la nouvelle coiffeuse, coiffe sa première cliente au salon de Chablais Insertion, Françoise.
Vanessa, la nouvelle coiffeuse, coiffe sa première cliente au salon de Chablais Insertion, Françoise.

L’aventure commence en 2013, quand Josette, une coiffeuse à la retraite, propose de venir offrir ses services à Chablais Insertion. Elle offre alors de son temps, mais également tout son matériel, permettant ainsi la création d’un véritable salon à deux pas des ateliers et du siège de Chablais Insertion. Mais avec le Covid, Josette décide de prendre définitivement sa retraite. Le salon doit fermer ses portes.

Des portes qu’il peut désormais rouvrir grâce à Vanessa, une nouvelle coiffeuse bénévole. « Je ne suis pas originaire de la région mais je suis arrivée à Thonon il y a près de 4 ans et je travaille comme coiffeuse depuis maintenant plus de 30 ans. J’ai rencontré Astrid Baud-Roche, présidente de Chablais Insertion, et récemment nous avons parlé du salon de coiffure. J’ai alors décidé de rejoindre l’aventure et de donner de mon temps pour aider les personnes en réinsertion », raconte-t-elle.

Présente pour le moment un lundi par mois, la coiffeuse, ainsi que les membres de Chablais Insertion, sont en recherche d’autres coiffeurs qui seraient disposés à venir donner quelques heures de leur temps chaque mois. Coupe femme, homme, coloration, le salon propose les mêmes prestations que n’importe quel salon, pour des sommes accessibles aux personnes en difficulté, variant entre 4 euros et 10 euros selon le service.

Un pas de plus vers la réinsertion

Pour la présidente de Chablais Insertion, la réouverture du salon de coiffure était capitale. « L’estime de soi est très importante pour la réinsertion, affirme Astrid Baud-Roche. Prendre soin de soi, se sentir bien, se sentir beau, est très important dans ce parcours et permet de retrouver confiance en soi. »

Françoise, infirmière de formation âgée de 58 ans, est en réinsertion suite à des difficultés personnelles. Elle confirme : « Cela me fait me sentir bien de prendre soin de moi, et je me sens plus en confiance pour créer à nouveau du lien social, et par la suite rechercher un emploi. L’apparence est importante pour les autres, mais avant tout pour soi-même. Ce salon change les choses car avec ma situation précaire, le coiffeur était un luxe que je n’aurais jamais pu me payer. »

Au salon, les prestations ne sont pas gratuites, mais très peu coûteuses. « Il faut conserver l’achat de la prestation, cela fait également partie de la réinsertion », justifie la présidente.

Pour pouvoir se faire coiffer dans ce salon, les clients doivent impérativement être redirigés par des organismes précis.

Un service qui touche des centaines de personnes

L’accès au salon de coiffure est rendu possible seulement sur recommandation d’un organisme agréé : les ateliers et chantiers d’insertion, le CCAS de Publier, les pôles sociaux, le centre d’hébergement la Passerelle, la Mission locale jeune Chablais et Pôle Emploi. Réservé aux personnes adultes en insertion socio-professionnelle, bénéficiaires du RSA, et en capacité de régler les coûts de la prestation, les règles du salon ont été définies en partenariat avec le Syndicat de la coiffure. Une fois mis en contact avec Chablais Insertion, les bénévoles contacteront la personne pour ensuite lui proposer un rendez-vous selon le service souhaité. « Ce rendez-vous c’est l’occasion de ressortir avec une nouvelle coupe de cheveux, mais aussi de vivre un moment normal. De papoter avec la coiffeuse, de régler la somme due à la fin, de tout simplement s’offrir de service qui est devenu un luxe, mais qui est nécessaire pour regagner confiance en soi », souligne Astrid Baud-Roche, présidente de Chablais Insertion.