Ligue Magnus, leadership, formateur: retour sur la carrière du hockeyeur Cyril Papa

Le 17 avril dernier, Cyril Papa a conclu sa carrière sur un dernier but inscrit en play-off, face aux Bélougas de Toulouse. Un but qui, malheureusement, n’a pas permis de qualifier son équipe, Les Chevaliers du Lac d’Annecy, pour la finale de Division 2.

« Je tenais à prolonger ma saison de 15 jours pour terminer face à mon ancien club Morzine-Avoriaz, espérait le hockeyeur annécien de 38 ans. Mais je suis assez fier de ma carrière. Je n’ai pas de regrets. J’ai laissé une bonne image dans tous les clubs où je suis passé ».

Le corps fatigué et la vie de famille lui ont facilité sa décision de retraite, mûrie dans sa tête depuis des mois.

Sa victoire en Ligue Magnus

S’il n’a « pas trop de souvenirs » de ses premiers pas sur la glace, Cyril n’oubliera, en revanche, jamais sa victoire en Ligue Magnus, le championnat de France de hockey sur glace, au printemps 2007. D’autant que son seul sacre l’a été avec son club formateur, les Brûleurs de Loups de Grenoble, et dans sa ville natale.

« Il y avait eu un renouvellement de l’équipe professionnelle quelques années auparavant et on était plusieurs jeunes à avoir intégré l’équipe. On jouait avec ceux qu’on regardait plus jeune. On avait un groupe qui s’était construit depuis 3 ans, rappelle le Grenoblois en préambule. Ces finales, c’était beaucoup de tensions mais décrocher cette coupe dans notre patinoire, c’était génial ! Il y avait eu une grosse fête derrière ».

Pour Cyril, c’était la meilleure façon de terminer son aventure grenobloise.

Son envie de s’affirmer

Cyril aurait pu aller au bout de son contrat à Grenoble avec qui il lui restait un an. « Je voulais avoir plus de responsabilités dans un club », avoue celui qui avait déjà l’âme d’un leader. Direction alors Villard-de-Lans.

Avec les Ours, l’ailier obtient « plus de temps de jeu », « améliore ses statistiques ». Ce qui fait de lui l’un des meilleurs joueurs et pointeurs du championnat. Une telle visibilité lui ouvre d’ailleurs les portes de l’équipe de France jusqu’en 2010.

Et lorsqu’il débarque chez les Pingouins de Morzine-Avoriaz, il endosse alors « le rôle de capitaine ».

Son aventure à Annecy

En 2016, Cyril a 32 ans et « ne sentait pas » la fusion de son club avec celui de Chamonix. Il s’interroge alors sur la suite de sa carrière.

Plutôt que de chasser « des contrats précaires » à l’étranger, l’hockeyeur « privilégie le confort », la stabilité professionnelle comme familiale. Séduit par le projet des Chevaliers du Lac, il signe à Annecy et évolue avec son frère Raphaël.

À Jean-Régis, Cyril a toujours porté une double casquette. D’abord entraîneur-joueur pendant 4 ans au cours desquels il a remporté le titre de champion de Division 2. « Sur les cinq dernières années, on termine dans le dernier carré », souligne-t-il. Puis, avec l’arrivée de Stéphane Barin aux manettes de l’équipe fanion, il est devenu manager du hockey mineur. Un poste qu’il continuera d’occuper après sa retraite sportive.

Vibrant hommage rendu à Cyril Papa par les Chevaliers du Lac d’Annecy.
Vibrant hommage rendu à Cyril Papa par les Chevaliers du Lac d’Annecy. - instant pics

Sa carrière en chiffres

- 1  Ligue Magnus décrochée en 2007 avec les Brûleurs de Loups de Grenoble.

- 4  clubs en carrière : Grenoble, Villard-de-Lans, Morzine-Avoriaz, Annecy.

- 2  sélections officielles en équipe de France lors d’un championnat du monde, 24  caps (matchs amicaux et tournois compris).

- 153  points inscrits en 126  matchs avec les Chevaliers du Lac d’Annecy en six ans. Soit, saison régulière et play-off compris, 57  buts et 96  assists (source : eliteprospects.com).

- 11  Le numéro de maillot de Cyril Papa sous les couleurs annéciennes.

Il poursuit sa mission de manager du hockey mineur

Entouré d’éducateurs et de parents, Cyril Papa dirige plus de 200 jeunes hockeyeurs au club d’Annecy.

Cyril Papa a toujours eu le leadership en lui. Mais ce n’est pas sa seule qualité. Son envie de « transmettre (s)a passion » l’a, depuis de longues années, amené à « passer les diplômes » pour entraîner les jeunes. Et, depuis deux ans, il occupe le poste de manager du hockey mineur chez les Chevaliers du Lac d’Annecy.

Malgré la crise sanitaire qui a perturbé les deux dernières saisons, le club a pu conserver les enfants. « De l’école de hockey dès 4 ans jusqu’aux U20, on a 220 joueurs, recense Cyril. On a même une vingtaine de filles car on met de l’énergie à développer le hockey féminin ».

Comment expliquer une telle attractivité ? « On a beaucoup mis l’accent sur le recrutement, la fidélisation et l’accueil », répond le manager annécien. Les opérations «portes ouvertes», les séances d’initiation, le prêt de matériel séduisent enfants et parents. « L’autre gros point positif, c’est qu’on a la gestion du bar. Et pendant que leurs enfants s’entraînent, ils peuvent attendre là-bas et échanger entre eux », ajoute le dirigeant.

Si Annecy a l’ambition de devenir « une place forte du hockey français », il faudra « attendre dix ans pour récolter les fruits » de cette politique de formation. En attendant, « les signaux sont positifs » et ce, dès les plus petits qui « gagnent pas mal de tournois » même face aux références du hockey français et suisse.

Le club doit également passer quelques caps : améliorer ses infrastructures, avoir une deuxième glace, trouver un lycée pour mettre en place un sport-études afin d’assurer la continuité du Cresa avec le collège Raoul-Blanchard.

Cyril regarde aussi du côté de son club formateur, Grenoble, pour monter en gamme. « Là-bas, ils sont les meilleurs dans les catégories jeunes. Je vois comment ils travaillent et je m’inspire de ça ».