Après l’euphorie, l’heure de la désillusion

Grève à l’imprimerie SADAG.
Grève à l’imprimerie SADAG.

L’euphorie et la légèreté de l’été 1936 sont toutefois rapidement oubliées.

En Espagne, le Front Populaire est victime d’un coup d’Etat déclenchée par l’extrême-droite et le général Franco ; le pays sombre dans la guerre civile. Le gouvernement Blum fait face à des difficultés pour faire appliquer les 40 h et pour éviter une dévaluation du franc rendue nécessaire par l’inflation.

Le 6 décembre 1936, l’Union syndicale locale décide une manifestation pour faire appliquer la loi des 40 h, demander la construction d’une bourse du travail et obtenir la dissolution des ligues locales. Dernier baroud d’honneur.

Après avoir dû annoncer une pause dans les réformes, Blum démissionne en juin 1937 et l’année suivant une alliance des radicaux et de la droite à l’assemblée confie le gouvernement à Daladier. La crise économique semble alors localement résolue ; selon le maire Jeantet « d’une façon générale, le chômage est inexistant à Bellegarde ».

Mais le gouvernement Daladier est de plus en plus autoritaire envers le mouvement ouvrier. En décembre 1938, des décrets-lois (des textes non votés par le parlement) ajournent l’application de la loi des 40 h. Un nouvel appel à la grève général est lancé. Localement c’est un échec. Charrant, membre d’une scission anarchiste de la CGT-U (la CGTSR surnommée par dérision CGT-sans-rien) organise une réunion le 20 décembre, mais elle est peu fréquentée et demeure sans effet.

Le gouvernement interdit ensuite le PCF, après la signature du pacte germano-soviétique d’août 1939. Toute propagande est alors interdite. C’est ainsi que le 17 avril 1940, François Pithioud doit répondre en justice des agissements de son fils mineur Roger accusé d’avoir proféré des discours communistes 17 avril 1940. La fête est finie, la guerre est déjà presque là…