Des boîtes noires, comme dans les avions, sont désormais obligatoires dans les voitures

Derrière le tabeau de bord d’une voiture se cache désormais une boîte noire, un enregistreur de données d’événement.
Derrière le tabeau de bord d’une voiture se cache désormais une boîte noire, un enregistreur de données d’événement.

Des infos sur les véhicules en cas d’accident

C’est la mise en application d’une loi votée au parlement européen en 2019. Toutes les voitures, tous les camions, bus, cars neufs et fabriqués ou en vente en Europe doivent être équipés d’une boîte noire ou « enregistreur de données d’événement ». Des enregistreurs qui sont chargés de collecter des informations sur le véhicule 30 secondes avant et 10 secondes après un accident. Et qui ne seront exploitables qu’en cas de choc.

Aucune donnée personnelle ne sera enregistrée indique-t-on, mais toutes celles du comportement du véhicule et les paramètres de conduite : vitesse, accélération, freinage, régime et état du moteur, inclinaison du véhicule, activation des aides à la conduite, usage du clignotant, allumage des phares, port de la ceinture… « Toutes les 40 secondes les données enregistrées sont écrasées. On voit bien que cela n’enregistre aucune donnée personnelle, que des données qui concernent le comportement du véhicule », a indiqué ce mardi 3 mai 2022, Anne Lavaud, déléguée générale de la Prévention routière, au micro de France Info.

D’ici 2024, tous les véhicules y compris d’occasion devront être dotés de ce système de détection. On annonce (les constructeurs) un surcoût d’une centaine d’euros par véhicule neuf. Pour l’occasion, comme l’indique « 40 millions d’automobilistes », « Entre le coût de la main-d’œuvre et celui de l’appareil, ce sont donc dans ce cas plusieurs centaines d’euros qui pourraient alourdir la facture ».

Pas tout à fait les mêmes boîtes noires que dans les avions…

Ces puces électroniques dans des boîtiers résistants aux chocs et impossibles à désactiver, n’auront, contrairement aux avions, pas la possibilité d’enregistrer les sons et voix dans l’habitacle des voitures. Ni plus les données géographiques (seulement les coordonnées GPS) ou météorologiques. Ni celles d’alcoolémie ou de stupéfiant, pas plus sur les comportements routiers des autres véhicules, les refus de priorités, ni l’usage du téléphone au volant, etc.

Un outil utile à qui ?

Les infos collectées par les enregistreurs ne seraient accessibles qu’aux forces de police, aux autorités judiciaires et aux constructeurs.

Pas aux assureurs ?

On peut lire sur certains sites que ce sera tout bénéfice pour les assureurs, sur d’autres que les assurances n’auront pas accès aux données, que cette installation pourrait amener une baisse des cotisations et prime d’assurance ou au contraire que cela n’aurait aucun impact sur les tarifs d’assurance. Voilà ce qu’ont indiqué les assurances AXA : « D’après les informations que nous détenons actuellement, les données du boîtier ne pourront être ni transmises, ni utilisées par les compagnies d’assurances. Le but est exclusivement d’aider la police à comprendre exactement comment un accident est survenu ».

Autant d’hypothèses qui pourraient connaître des évolutions rapides… Un bilan de l’efficacité du boîtier est prévu par la loi tous les cinq ans. Premiers résultats donc en 2027.