Chambéry: à la rue après une vague de drames, Frédéric lance un appel à l’aide

Frédéric Dupuy et son chien Pocket, devant l’hôtel où il loge temporairement à La Motte-Servolex.
Frédéric Dupuy et son chien Pocket, devant l’hôtel où il loge temporairement à La Motte-Servolex.

Avec seulement 800 euros de retraite tous les mois, Frédéric survit. Ce Chambérien retraité de 66 ans est aujourd’hui sans domicile fixe et vit provisoirement à l’hôtel avec son chien Pocket, son compagnon qui le suit partout. Mais ce ne fut pas toujours ainsi.

Décès de ses proches

Frédéric avait un toit sous la tête et une famille. Il a habité une maison pendant 13 ans, avec sa femme et son enfant. En 2016, son bébé meurt à 14 semaines. « Ça a déclenché un cancer du pancréas à mon épouse. Ma maman est décédée le même mois », évoque-t-il, avec émotion.

Malgré ces pertes douloureuses, Frédéric ne se laisse pas abattre. Il continue de travailler dans son entreprise de menuiserie, lancée il y a une vingtaine d’années. Mais là aussi, tout se complique. « Entre-temps, les avantages fiscaux que donnaient l’État aux personnes qui changeaient leur menuiserie, ont été complètement annulés », déplore-t-il. En 2019, le sexagénaire décide de prendre sa retraite.

Son logement, mal isolé, devient trop coûteux. « Dans cette maison, il faisait 14 degrés l’hiver. Je payais presque 1900 euros de chauffage à l’année ». Il souhaite quitter son logement, mais son propriétaire ne lui verse pas ses quittances de loyer. Frédéric fait donc appel à la CNL, la Confédération nationale du logement, une association de défense des habitants. Il cesse de payer le loyer et verse l’argent sur un compte séquestre. « Les ennuis ont commencé comme ça : jugement, avocats... ». À la fin de la trêve hivernale, le 31 mars dernier, il se fait finalement expulser de son logement.

Retrouver un emploi

Frédéric dort deux nuits dans sa fourgonnette et se fait loger quelques temps par des proches avant de trouver une chambre d’hôtel pour le mois à La Motte-Servolex. Pour joindre les deux bouts, il n’a pas d’autres choix que de retourner sur le marché du travail. « Ma seule solution c’est de trouver un emploi pour trouver un logement, parce qu’aujourd’hui si vous n’avez pas de CDI aucun agent immobilier ou particulier ne va vous louer », regrette-t-il.

Après s’être fait expulser, Frédéric réussit à dégotter un travail, mais se fait licencier, après sa période d’essai de deux mois. « Ils voulaient apprendre à mon métier et me faire partir en déplacement. Je n’ai plus de famille ni personne pour me garder le chien toute la semaine », explique-t-il. Et hors de question pour ce sexagénaire de se séparer de son chien, Pocket, un berger australien qu’il a récupéré à la SPA, et qui est désormais sa seule famille.

Menuisier de profession

Frédéric Dupuy recherche un travail dans ce qu’il sait faire  : la menuiserie. Il a travaillé une vingtaine d’années en tant qu’artisan indépendant. Ses outils, ce sont ses « deuxièmes mains ». Du plan de travail de cuisine au terrassement d’une piscine, ce menuisier professionnel touche à tout. Il souhaite rester en Savoie pour travailler.

Vous pouvez le contacter par mail à frederic.dupuy73@orange.fr.