Agglo Albertville: les zones industrielles, poumons économiques d’Arlysère

La carte des zones industrielles et d’activités artisanales gérées par Arlysère.
La carte des zones industrielles et d’activités artisanales gérées par Arlysère.

La Communauté d’agglomération Arlysère est compétente en matière de développement économique, et d’aménagement du territoire. Ainsi, le Schéma de Cohérence Territoriale d’Arlysère, document d’urbanisme de planification, a établi en 2012 un « schéma » des zones d’activités, permettant de conforter le dispositif des zones tout en intégrant les objectifs d’économies de foncier, de structuration des zones (plutôt que leur émiettement en une multiplicité de petites zones), et de qualification.

Arlysère gère principalement des Zones d’Activités Economiques (ZAE) majeures. Il s’agit des zones d’activités mises en place par les anciennes communautés de communes, devant permettre de répondre aux besoins en développement des entreprises locales et à l’implantation d’entreprises extérieures. D’autres zones d’activités sont gérées directement par les communes.

Des disponibilités très faibles

Actuellement, les zones d’activité du territoire (Le Rotey à Notre-Dame-des-Millières, Porte de Tarentaise à Tours-en-Savoie, les Arolles à La Bathie, Ferdinand Martin à Frontenex, Terre-Neuve historique à Gilly-sur-Isère…) sont intégralement occupées par des entreprises privées pour lesquelles des terrains aménagés ont été vendus. Les collectivités assument les charges relatives à l’entretien des voiries, de l’éclairage public, des espaces verts publics notamment. Pour les ZAE d’intérêt communautaire (Terre-Neuve à Gilly-sur-Isère, Les Belles Cimes à Albertville, Les Lavanches à Grésy-sur-Isère, Tétrapole à Tournon…), il reste quelques disponibilités foncières. Les Belles Cimes est la ZAE la plus récente.

Et de nombreuses contraintes…

Ces disponibilités sont très faibles, et Arlysère travaille depuis de nombreuses années à identifier, et obtenir les autorisations préalables nécessaires au confortement de ces zones, sur les secteurs les plus adaptés (proximité du réseau routier, des services) : Terre-Neuve à Gilly-sur-Isère, Tétrapole à Tournon notamment. Au-delà de la rareté du foncier plat et du nécessaire équilibre entre les usages du foncier (vocations d’habitat, de services, agricole, environnementale…), le territoire est soumis à de nombreuses contraintes liées à la prévention contre les risques naturels (inondation notamment), impliquant une inconstructibilité réglementaire forte, notamment sur tous les secteurs situés en arrière des digues. La loi Climat et résilience d’Août 2021, et son volet lié à la consommation foncière renforcent considérablement les objectifs d’économie de foncier, en introduisant un objectif de «  Zéro Artificialisation Nette » à l’échelle nationale d’ici à 2050. Ainsi, le territoire Arlysère doit diviser par deux sa consommation foncière (urbanisation, quelle qu’elle soit), par tranches de 10 ans.

« Consciente des enjeux fonciers, énergétiques, environnementaux, que seule une maîtrise foncière publique peut permettre d’affronter, la communauté d’agglomération mène une politique volontariste en tendant vers la fin des ventes de terrains pour aller vers la construction de bâtiments à louer ou vers la mise en place de baux à construction ».

De nouvelles entreprises s’installent sur le territoire

Le travail mené par l’agglo en matière économique porte ses fruits avec l’arrivée de belles enseignes et d’autres installations porteuses pour le territoire. « Malgré toutes les contraintes, livre Arlysère, les élus ont à cœur de permettre et favoriser le développement des entreprises, qui sont le moteur de la vie locale et de l’attractivité du territoire. Toutes les entreprises qui s’implantent sur les zones sont une fierté pour Arlysère. L’installation de POMA sur le site de Terre-Neuve, comme d’autres, représente un intérêt économique réel, permettant la création d’emplois directs et indirects, et contribuant à l’attractivité du territoire et à son positionnement sur les activités liées à la montagne. Plusieurs entreprises s’implantent actuellement sur le territoire : Resotainer (location de containers) sur la zone Ferdinand Martin à Frontenex, les Salaisons du Mont Charvin à Terre Neuve, Storwatt aux Belles Cimes…

Les atouts pour les entreprises s’installant sur les zones d’Arlysère sont nombreux : proximité des axes autoroutiers, positionnement géographique au carrefour de plusieurs vallées, proximité des stations, proximité immédiate et facile d’un centre urbain avec des services, cadre et qualité de vie. Les freins les plus souvent rencontrés à l’installation d’entreprises exogènes sont l’éloignement des grands centres urbains (les entreprises souhaitent pour leurs salariés la présence d’une offre culturelle, de loisirs, de services relevant de centres urbains plus importants), les contraintes et donc surcoûts d’aménagement liés au risque inondation, et bien entendu la faible disponibilité foncière ».

Poma, l’une des plus belles enseignes du territoire.

Toujours plus d’exigence

Au-delà de la mobilisation de foncier économique supplémentaire, la collectivité doit être plus exigeante en matière de densification du foncier aménagé (parkings silos, bureaux en étage…), de recours aux énergies renouvelables, de conso énergétique.

Une réflexion conduite pour construire un Sésame 2

Positionné à l’entrée de Terre-Neuve, le Sésame avait initialement pour vocation de proposer aux salariés de la zone industrielle des services comme une garderie ou un restaurant d’entreprise. Des projets n’ayant pas vu le jour. Un regret ? « Le Sésame, commente Arlysère, bâtiment intercommunal à basse consommation énergétique sur Terre-Neuve a permis de répondre à des attentes d’installation, il a atteint ses objectifs énergétiques et son taux de remplissage est de 100 %.

Un travail est d’ailleurs en cours pour construire un second bâtiment, le Sésame 2, qui sera encore plus vertueux que le premier bâtiment et sera destiné à la location. La présence d’une garderie avait été souhaitée à la mise en place du Sésame 1. Malheureusement, le projet n’avait hélas pas pu aboutir, le business plan apparaissant trop défavorable.

Les services associés à ce bâtiment seront à analyser, en lien avec l’existant et des demandes des entreprises ».

Le Sésame, un joli bâtiment qui mériterait un rond-point d’accès plus qualitatif.

La gravière, un joli potentiel pour Arlysère

La fin de l’exploitation de la gravière de Gilly/Isère, en juillet 2024, laisse imaginer pour Arlysère la possibilité d’étendre Terre-Neuve. Y-a-t-il déjà des projets en perspective ? « Cela fait l’objet de réflexions et de discussions avec l’exploitant actuel, en lien avec les maires des deux communes concernées. Il s’agit effectivement d’un secteur stratégique, situé à l’entrée d’Albertville, à proximité immédiate de la véloroute V62, et de la zone d’activités de Terre-Neuve, offrant une activité de loisirs à maintenir et conforter à l’aune des évolutions climatiques. Plusieurs scénarios sont à l’étude, permettant de valoriser ce foncier déjà artificialisé. Néanmoins, leur faisabilité dépendra également des dérogations que l’État pourra nous donner au regard de la réglementation liée au risque inondation ».

La gravière, ici à gauche en entrée de zone ne sera plus exploitée à partir de juillet 2024.

Développer une zone a un coût!

« La création d’une zone d’activités nécessite un investissement non négligeable pour notre collectivité, rapporte Arlysère, compte tenu des différentes contraintes à prendre en compte : achat du foncier, coûts d’aménagement, souvent augmentés par la prise en compte des contraintes (inondabilité, présence de réseaux aériens…), mise en œuvre des compensations environnementales, réglementation d’urbanisme… À titre d’exemple, le bilan financier de l’aménagement de la zone des Belles Cîmes à septembre 2021 s’établit à 2 609 000 € HT de dépenses. Mais ces investissements sont nécessaires pour répondre à la demande d’installation des entreprises, la création d’emplois et le maintien de l’attractivité du territoire ».

La zone du Bois de l’île ne cesse de se développer.