Lélex : Luc Ledroit, un curé pèlerin dans la vallée de la Valserine

Le Père Luc Ledroit est désormais chargé des ouailles de la vallée.
Le Père Luc Ledroit est désormais chargé des ouailles de la vallée.

Originaire du Mans, dans la Sarthe, où il est né en 1966 (53 ans), Luc Ledroit, après un Bac D, s’est destiné d’emblée à l’armée. Il entre à l’école militaire du Prytanée, à la Flèche (Sarthe) : « Une prépa à Saint-Cyr, l’armée de l’Air, la Navale, ou Polytechnique… Moi, après un an d’école, je me suis engagé sous-officier dans les chasseurs alpins, au 27e BCA (bataillon de chasseurs alpins, Ndlr) d’Annecy !  »

Chasseur alpin au début

Il y reste quatre ans en faisant, au passage, la campagne du Liban avec la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban). A son retour, Luc se sent l’envie de servir la vie « de façon plus utile  ». Il écrit alors à l’évêque des armées : « Après avoir servi la France, je me sens appelé à servir Dieu !  »

Le prélat exauce son vœu et l’envoie pour trois ans au séminaire de Paray-le-Monial. Puis il effectue trois nouvelles années à celui d’Aix-en-Provence avant d’être rattaché au diocèse de Belley-Ars. Il est ordonné prêtre en 1996 par Monseigneur Bagnard, qui l’affecte aux paroisses de Challex, Collonges, Farges, Péron, Pougny. Il rencontre évidemment, lors de ce premier sacerdoce, notre fameux Jean-d’Aufferville, dont il occupe aujourd’hui la cure. Ce qui était loin d’être joué. Car Luc Ledroit s’est découvert une passion : le pèlerinage.

Addiction à la marche

« De 2000 à 2010, j’ai été affecté en Bresse, à Bourg, puis à Marboz, aujourd’hui ma patrie de cœur.  » En 2006, attiré par le chemin, il goûte au pèlerinage de Compostelle, depuis Genève. Le virus de la marche s’enracine : « En 2010, en quittant Marboz, je suis parti à pied pour Jérusalem.  » Un an de dépouillement et de sobriété, « pour se désencombrer du monde  ».

A son retour, en 2011, l’évêque nomme Luc prêtre à Hauteville-Lompnes. En 2014, il entreprend un nouveau périple : Canterbury, le Mont-Saint-Michel, Rome, toujours à pied, sans un sou en poche « C’est l’addiction du chemin, l’intuition du pèlerin…  » Encore un voyage d’un an.

Ensuite, c’est la Haute Tarentaise qui l’attend. « Avec deux autres prêtres, nous étions chargé du secteur de Moutiers à Val-d’Isère !  » Rattrapé par le destin du chasseur alpin ? Avec d’autres missions toutefois ! Puis ce sera le retour à Ars, en 2016, comme chapelain, pour confesser, accueillir les pèlerins, transmettre le message de Jean-Marie Vianney (voir encadré).

« Au bout de trois ans, désireux de retrouver une paroisse, j’ai de nouveau sollicité l’évêque.  » Et celui-ci l’envoie dans l’une des plus petites de France, la belle vallée de la Valserine, avec ses trois clochers, Chézery, Lélex, Mijoux. « Pas un problème pour moi ; ma communauté, ce sont les gens, les habitants du pays. Je suis le curé de tous, pas que des croyants. Tout le monde se pose les mêmes questions, traverse les mêmes épreuves, subit les mêmes blessures. Le rapport à Dieu, c’est une vraie consolation, qui remet debout, donne envie d’avancer !  »