Sallanches/Passy : un marché immobilier de «report» en plaine

Le bas du secteur est caractérisé par une dynamique dite de «report», du fait des prix élevés en station.
Le bas du secteur est caractérisé par une dynamique dite de «report», du fait des prix élevés en station.

Laurent Duffoug-Favre est le directeur général de Mont-Blanc Immobilier, qui possède 11 bureaux répartis dans tout le pays du Mont-Blanc. Selon son expertise, l’ensemble du secteur est concerné, depuis deux ans, par une hausse des prix d’achat, une conséquence directe de la raréfaction des biens immobiliers. « On constate cette augmentation dans des stations comme les Contamines-Montjoie, Combloux ou Saint-Gervais-les-Bains, qui sont prises en tenaille entre Megève et Chamonix et qui rattrapent leur retard. Dans le Val-Montjoie, on fait principalement de la résidence secondaire. Le fort dynamisme du marché immobilier concerne notamment des biens de qualité et idéalement placés en stations, mais aussi dans le reste de la vallée. Il y a un secteur qui a notamment vu ses prix drastiquement augmenter dans la période post-covid : il s’agit du Plateau d’Assy. »

L’effet de « report » se fait nettement ressentir en plaine

Depuis le début des années 2000, l’écart se creuse entre les stations et le bas de la vallée, en ce qui concerne le prix d’achat des biens immobiliers. Si bien qu’un effet de « report » des résidents permanents, ne pouvant plus se loger à l’année, se fait ressentir en plaine. « Les stations sont devenues un «marché de niche», avec une image de prestige et des constructions luxueuses, au fort budget », explique Jean-Denis Pernin, de l’agence Cimm Immobilier. Depuis deux ans et l’après-confinement, le marché immobilier voit, dans ce secteur, arriver davantage de résidents, qui cherchent à se loger à l’année. « Des villes comme Sallanches, Passy ou Domancy voient arriver de nombreux acquéreurs et là aussi, le marché augmente », constate Laurent Duffoug-Favre.

Cluses: le quartier du Noiret est très demandé

La quatrième ville du département attire toujours autant les acquéreurs, avec des disparités selon les quartiers d’habitation, en termes de prix au m2 et de qualité de vie. « Le secteur du bas de coteau et le quartier du Noiret sont très prisés pour ce qui est de l’achat de maison individuelle et les appartements. D’autant plus que maintenant, avec le réseau de transport en commun qui s’est mis en place à Cluses, c’est facile de se rendre en centre-ville. Il y a une différence du prix au m2 entre un bien situé dans ces zones-là, par rapport à une maison qui se trouverait, par exemple, à la limite entre Cluses et Scionzier », résume Gabrielle Pelepol, de l’Agence des 2 Vallées.

Pour vendre un bien en centre-ville, le stationnement  est un critère essentiel.

Le stationnement : un critère incontournable en centre-ville

Selon l’agent immobilier, le quartier des Ewües pourrait à l’avenir être davantage prisé par les acheteurs, au vu de la rénovation urbaine qui y est actuellement menée et dans les années à venir. « Ce quartier est un pari sur l’avenir, d’autant que le prix au m2 y est encore très bas. » Si le centre-ville est un secteur attractif à Cluses, il perd de sa superbe ces dernières années, à cause du point noir que représente le stationnement. « Si le bien ne comprend pas de stationnement, la vente peut se compliquer et cela se répercutera sur l’estimation. »

À Sallanches, des maisons se vendent en 48 heures

Jean-Denis Pernin est le directeur de l’agence Cimm Immobilier basée à Sallanches et qui couvre un territoire allant de Magland à Passy, principalement. Selon lui, l’immobilier dans ce secteur, et notamment à Sallanches, connaît une forte dynamique depuis début 2021 et encore cette année. Une embellie qui s’explique par une demande, toujours plus forte, et qui s’est encore amplifiée après la crise Covid et les confinements successifs de 2020.

Peu de biens anciens en vente

Mais parallèlement à cette situation, les biens à vendre se font de plus en plus rares, provoquant une tension du marché immobilier. « Sur Sallanches, on travaille à flux tendu car les biens anciens se raréfient. D’habitude, nous avons un stock de biens à proposer aux acquéreurs, que nous n’avons plus aujourd’hui. Les propriétaires n’ont pas de projet de vente ou alors, il y en a trop peu pour la demande forte. Cela provoque une forte pression sur le marché avec des prix à la hausse, des acheteurs frustrés s’ils n’obtiennent pas le bien qu’ils visaient. Les délais de transaction se réduisent également. Cela peut aller parfois très vite : en 48 heures, la vente d’une maison peut se conclure  », explique Jean-Denis Pernin.