« La causalité linéaire n’a pas sa place en psychologie »

Richard Brochu et Nadia Ecuvillon.
Richard Brochu et Nadia Ecuvillon.

En 2019, 119 patients ayant fait l’objet d’un entretien ou plus, par l’association DIRE se trouvaient dans une situation dite de «mal-être». Deux ans plus tard, en 2021, c’est presque le double ; 220 patients étaient exposés à cette problématique.

« Lorsque l’on voit la situation actuelle, on a l’impression de ne vivre que dans l’incertitude, regrette Richard Brochu. D’abord il y a eu la pandémie, là c’est la guerre en Ukraine, ce sont deux tournants qui perturbent fortement notre enveloppe sociale et donc, la sérénité que l’on peut avoir envers l’avenir. » Mais quel impact sur la consommation de «toxiques», comme la drogue, le tabac ou encore l’alcool a eu la crise sanitaire, chez les jeunes gessiens ?

D’après les chiffres fournis par l’association, le nombre de personnes ayant révélé un usage nocif et/ou addictif au cours des entretiens est resté stable, passant de 104 patients en 2019 à 91 en 2020, puis 106 cette année. A chaque fois, on remarque un écart entre la demande initiale du patient, liée à une problématique de consommation de toxiques (le motif qui fait que la personne entre en relation avec l’association) et le nombre réel de patients qui révéleront en consommer. « Cela montre la pertinence de ne pas centrer notre intervention sur une problématique qui a été définie comme telle au départ, car la causalité linéaire n’a pas sa place en psychologie. Au cours des entretiens, il y a deux points fondamentaux : savoir poser le cadre autour du patient, en lui offrant un espace sécurisant et reconnaître sa souffrance pour qu’il se sente considéré, et non pas stigmatisé. »