Albertville : des riverains luttent contre l’amputation du jardin du théâtre

Quelques membre du collectif devant le terrain du futur immeuble qui se situera entre la résidence existante et le jardin du théâtre de Maiste.
Quelques membre du collectif devant le terrain du futur immeuble qui se situera entre la résidence existante et le jardin du théâtre de Maiste.

Albertville

«   Ce n’est pas qu’une affaire de riverains. Les gens sont horrifiés à l’idée qu’on abîme ce terrain autour du théâtre de Maistre », avance le collectif d’habitants du quartier qui se dresse contre la construction d’un immeuble de 7 appartements sur le terrain situé juste au-dessus de l’équipement culturel. Pourtant, le permis de construite pour cet immeuble a été accordé le 2 août 2019 et, théoriquement, les travaux pourraient démarrer dés maintenant. Seulement, les riverains ont déposé un recours gracieux le 20 septembre dernier. Si ce dernier n’est pas suspensif, il serait politiquement maladroit de ne pas apporter de réponse à leur réclamation. Pour donner plus de poids à ses revendications, le collectif a lancé une pétition qui en est au démarrage et a pour le moment récolté une cinquantaine de signatures.

Les riverains s’opposent pour plusieurs raisons. Déjà, l’immeuble de 3 étages s’implantera sur un terrain étroit en L de 1097 m². « C’est quand même un quartier résidentiel. Il faut densifier, mais il ne faut pas faire n’importe quoi », reprochent les riverains. D’ailleurs, les habitants de l’immeuble existant derrière le terrain constructible s’inquiètent. « Notre appartement va perdre de la valeur sans compter la vue qui va se dégrader et les nuisances sonores », souligne un des signataires de la pétition. Outre leur intérêt direct, ces résidents regrettent surtout que cette nouvelle construction dévalorise le théâtre de Maistre. « Faire un immeuble aussi élevé alors que cette salle considérée comme un bâtiment remarquable au plan local d’urbanisme, ça n’a pas de sens. D’autant plus que la municipalité en place a prévue de refaire cet équipement », pointe du doigt Bernard Heritier à l’origine de la protestation avec Francine Poplin. Mais, ce qu’il reproche le plus à l’opération de la SCI des Chapelles, le promoteur, c’est que l’accès voiture à l’immeuble se fasse sur l’espace vert qui ceinture le théâtre de Maistre le réduisant d’autant et obligeant à l’abattage de certains des arbres qui forment le parc. « On trouve anormal d’amputer le terrain qui entoure le théâtre. Il n’y a pas beaucoup d’espaces verts sur Albertville et ce petit parc est beaucoup utilisé par les jeunes élèves de Jeanne d’Arc comme par les associations qui occupent la salle », déplore le collectif. Sans compter, poursuit-il « qu’il n’est pas prévu de parking visiteurs. Les gens vont se garer rue Weitman qui, du fait de sa faible largeur, ne peut accueillir de stationnement ». Avant de conclure, « cela va mettre le bazar et de mauvaises relations entre les gens ».

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Frédric Burnier Framboret  : « Je n’ai pas vocation à interdire cette construction » 

Le maire Frédéric Burnier Framboret rappelle que le collectif a déposé un recours gracieux « sur des points très réglementaires (hauteurs, prescriptions d’urbanisme...). J’ai demandé au service instructeur de vérifier la validité de ces recours. S’il y avait quelque chose qui ne soit pas dans les règles, je retirerai l’autorisation. S’il n’y a pas de sujet, je maintiendrai l’autorisation. Car, si je la retire quand même, c’est le promoteur qui va m’attaquer. » Concernant la pétition, le premier magistrat considère qu’elle est beaucoup plus politique puisque le collectif fait allusion aux anciennes fonctions d’adjoint à l’environnement du premier magistrat. « Je suis encadré par le plan local d’urbanisme (PLU) autorisant ce type de construction, je n’ai pas vocation à l’interdire ». Tout en soulignant que « le PLU a été mis en place par Monsieur Masure [le précédent maire, NDLR] ». Mais, les riverains soulèvent la question de l’accès à l’immeuble qui lui se fait sur un espace vert public, qui n’est pas destiné à la construction. « Il y a un droit de passage. On a un acte notarié avec une servitude de passage sur le terrain communal. On a pas le choix de le laisser passer ou non. On essaye juste que cet accès soit le moins impactant possible ». Pourquoi la mairie n’a-t-elle pas préempté la vente de ce terrain si elle ne peux rien empêcher? « Il n’y a pas eu de vente pour ce terrain. C’est un bien familial. Le fils de la famille a déposé le permis de construire », assure l’édile. Face à cette situation, le maire prévoit « de rencontrer le collectif et de proposer sa médiation pour que le promoteur veille à mettre un peu plus de verdure dans son projet ».