Aix-les-Bains: pourquoi manque-t-il autant de vétérinaires sur le bassin et partout en France ?

Les vétérinaires sont 3 à 4 fois plus à risque de suicides que dans les autres secteurs d’activité et 2 fois plus que les professionnels de santé.
Les vétérinaires sont 3 à 4 fois plus à risque de suicides que dans les autres secteurs d’activité et 2 fois plus que les professionnels de santé. - Photo d’illustration - Pixabay

Ils sont de moins en moins nombreux à exercer, et sont pourtant nécessaires pour nos amis les bêtes. À Aix-les-Bains comme partout en France, les vétérinaires se font de plus en plus rares.

Un taux de suicide important

La profession est touchée par de nombreuses difficultés, et notamment psychologiques. Selon une enquête commandée par l’Ordre national des vétérinaires, ils sont 3 à 4 fois plus à risque de suicide que les autres professions, et 2 fois plus que les professionnels de santé. « Le taux de suicide est très important chez les plus de 50 ans », témoigne Florine Wrobel, l’une des vétérinaires associées de la clinique de la Dent du Chat à Aix-les-Bains. Les raisons ? La peur de l’erreur, « beaucoup de responsabilités, de pression » et « le contact avec la mort », entre autres.

Les vétérinaires qui partent à la retraite ne sont pas toujours remplacés. « Les jeunes générations veulent leur week-end et donnent la priorité à leur vie familiale, alors que les anciennes ne comptaient pas leurs heures », explique-t-elle.

Autre point noir : le salaire. « Quand on regarde ce qu’on gagne par rapport à notre niveau d’études, ça peut être décourageant, commente Gita Van Doorn, la fondatrice de l’établissement. Et les charges sont importantes pour faire tourner une clinique. On a quand même l’équipement d’un petit hôpital », poursuit-elle.

Un épuisement généralisé

Selon cette même enquête, les vétérinaires souffrent de burnout. Leur indice d’épuisement professionnel est 1,2 fois supérieur à celui des agriculteurs. Les femmes sont les plus touchées au sein de la profession, qui assurent « en plus de leur investissement professionnel, une grande part des tâches domestiques et de l’éducation des enfants ».